Italie: l'extrême droite manifeste à Rome pour défier Bruxelles

Les militants de La Ligue manifestent à Rome, place del Popolo le 8 décembre 2018. Crédits : Filippo MONTEFORTE /AFP
Les militants de La Ligue manifestent à Rome, place del Popolo le 8 décembre 2018. Crédits : Filippo MONTEFORTE /AFP - © FILIPPO MONTEFORTE - AFP

Des milliers de personnes venues de toute l'Italie étaient rassemblées samedi matin à Rome à l'appel de la Ligue (extrême droite) de Matteo Salvini pour célébrer les six premiers mois de pouvoir du nouvel homme fort du gouvernement.

"L'Italie relève la tête", "Les Italiens d'abord", "Six mois de bon sens au gouvernement", proclamaient les immenses banderoles bleues de la tribune, sous un franc soleil.

La Ligue a affrété trois trains spéciaux et plus de 200 bus pour acheminer les manifestants vers la capitale, où elle n'était jusqu'à présent pas implantée.

Des conditions pour satisfaire Bruxelles

La Ligue italienne n'est prête à accepter qu'une légère réduction de l'objectif de déficit
budgétaire pour 2019 - à 2,2% du produit intérieur brut - afin de satisfaire Bruxelles.

La Commission européenne rejette le projet de budget présenté par la Ligue et le Mouvement 5 Etoiles, au pouvoir depuis juin à Rome, qui fixe pour l'instant l'objectif de déficit de l'an prochain à 2,4% du PIB, contre 1,8% cette année. Le M5S est prêt à envisager 2,1% du PIB, mais pas moins.

Les deux partenaires gouvernementaux sont actuellement unis dans leur bras de fer avec la Commission européenne autour de leur budget 2019 résolument anti-austérité, qui prévoit pour l'instant un déficit à 2,4% mais que Bruxelles a rejeté en raison de la dette publique colossale du pays.

Le gouvernement italien est sur le bon chemin et a commencé à présenter des mesures qui permettent de réduire le déficit et la dette mais doit encore faire des efforts, a déclaré jeudi le commissaire européen aux Affaires économiques et financières, Pierre Moscovici.

La ligue et le Mouvement 5 étoiles défient les autre partis

La manifestation à Rome a été précédée d'une campagne de publicité singulière, avec des images sur les réseaux sociaux montrant des photos peu flatteuses des principales bêtes noires du parti (personnalités de gauche, journalistes, artistes...) frappées de la mention "Lui/Elle n'y sera pas".

Des Romains avaient réagi en placardant dans la ville des affiches où des personnalités historiques romaines s'offusquaient, en dialecte: "La Ligue à Rome ? C'est comme la carbonara avec de la crème fraîche", disait une cuisinière, "C'est un nouveau coup de couteau", assurait Jules César.

Arrivé en tête de la coalition de droite aux législatives de mars avec 17% des voix, M. Salvini a formé une alliance gouvernementale avec le Mouvement 5 étoiles (M5S, antisystème), premier parti du pays avec 32,5% des voix.

Son discours de fermeté contre les migrants et contre les règles européennes a fait exploser sa popularité: dans les sondages, la Ligue dépasse désormais les 30%, tandis que le M5S est en nette perte de vitesse.

Mais les tensions et rivalités sont fortes au sein de la coalition, dont certaines promesses électorales sont incompatibles et qui seront rivales lors des élections européennes prévues en mai.

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