Italie: grève générale contre l'austérité, des milliers de manifestants

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Les transports en commun, le trafic aérien et ferroviaire, ont été modérément perturbés vendredi par une grève générale lancée par le principal syndicat italien, la CGIL, qui a dit avoir rassemblé un million de manifestants contre un plan d'austérité gouvernemental.

Le gouvernement a contesté ces affirmations, le ministre du Travail Maurizio Sacconi parlant de "faible adhésion" à un mouvement auquel ne participaient pas les deux autres grandes centrales CISL et UIL.

Cette grève était organisée au lendemain de manifestations massives en France contre un projet de réforme des retraites, ayant réuni près de 2 millions de personnes selon les syndicats, autour de 800.000 selon la police.

En Italie, ils étaient un million dans la rue, selon la Cgil, en particulier à Bologne (100.000), Milan (80.000) et Naples (70.000). Mais la police a divisé par deux ces chiffres, évaluant ainsi à 35.000 les manifestants à Milan.

Peu de chiffres sur le pourcentage de grévistes. Selon le ministère de la Fonction publique, "sur un échantillon de 30% des salariés, 2,27% avaient adhéré à la grève" en début d'après-midi.

La circulation des autobus et métros a été un peu ralentie à Rome et Naples en matinée et à Milan en fin de journée, chaque région observant des arrêts de travail de quatre heures à des horaires différents.

La société des chemins de fer Ferrovie dello Stato a affirmé que le trafic était normal pour les trains à moyenne et longue distance.

Selon la Filt-Cgil, dans le transport aérien, l'adhésion a été "très élevée, avec 86 vols annulés à la mi-journée à l'aéroport romain de Fiumicino". Mais des sources aéroportuaires ont parlé d'une quarantaine de vols supprimés.

La Filt a affirmé qu'à Rome et Naples, des lignes de métro ont été bloquées et que près de 50% des bus n'ont pas circulé. Selon Atac qui gère les transports à Rome, il y avait 38% de grévistes et les autobus circulaient.

Selon la Cgil, 40 000 manifestants brandissant des drapeaux rouges du syndicat étaient réunis sur la place Farnèse, à Rome.

"C'est un plan déséquilibré. Nous sommes les salariés les moins bien payés d'Europe. Avec son plan, le gouvernement frappe ceux qui n'ont plus de force", a indiqué à l'AFP un retraité.

"Ce sont toujours les mêmes qui font les sacrifices! Ce plan d'austérité touche les plus faibles et enrichit les plus riches", a lancé un manifestant à Milan, sur le parvis de la cathédrale.

La cure d'austérité du gouvernement, décidée pour assainir les finances et rassurer les marchés préoccupés par l'endettement italien (plus de 118% du PIB) porte sur 24,9 milliards d'euros pour les années 2011 et 2012.

Ce plan prévoit, entre autres, une réduction des dépenses publiques à travers un gel de trois ans des salaires des fonctionnaires, une réduction de 10% des budgets des ministères et des aides aux collectivités locales, ainsi qu'un renforcement de la lutte contre l'évasion fiscale.

"Ce collectif budgétaire doit être changé car ce sont seulement les travailleurs, les administrations locales et les citoyens qui en subissent les conséquences", a déclaré la numéro deux de la CGIL Susanna Camusso, à Bologne.

"Personne ne nie la nécessité d'assainir les comptes du pays mais il faut penser à l'avenir et pas seulement aux coupes budgétaires", a-t-elle ajouté.

Jeudi, la Confindustria, le patronat italien a publié un rapport annonçant que le pays était sorti de la récession et que la croissance serait plus élevée que prévu cette année et en 2011. Mais le chômage devrait encore augmenter après la perte de 528.000 emplois en deux années de crise.


AFP

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