Italie: "Cela ne peut qu'inquiéter les autres Etats européens"

Le risque est grand pour l'Europe après le scrutin en italie
Le risque est grand pour l'Europe après le scrutin en italie - © AFP/ Filippo MONTEFORTE

Un nouveau scrutin législatif paraît inévitable en Italie, selon la politologue Giulia Sandri interrogée par la RTBF. La montée du sentiment anti-européen que montrent les résultats des élections italiennes est très inquiétante explique pour sa part Marianne Dony de l'Institut d'études européennes de l'ULB.

Constatant comme d’autres observateurs le blocage politique provoqué par les résultats du scrutin législatif italien, Giulia Sandri, maître de conférences à l'Université de Lille avance un scénario probable pour les prochaines semaines: "Attendre l’élection du nouveau président de la République le 15 avril et aller à de nouvelles élections après cette échéance. Mais ce ne sera possible que si les partis arrivent à se mettre d'accord pour élire les présidents de la Chambre et du Sénat le 15 mars. Aucune coalition ne semble possible maintenant ; la seule alternative pourrait être un gouvernement de salut national, avec une coalition allant de la droite à la gauche de l’échiquier politique (du Parti démocrate au parti de Berlusconi, avec la Ligue du Nord et Monti), puis adopter une réforme électorale avant d’aller à des élections avant l’été" dit-elle au micro de Bertrand Henne. Un nouveau scrutin paraît inévitable.

Giulia Sandri souligne que la désaffection des électeurs se marque aussi par une participation électorale en très forte baisse : c’est le chiffre le plus bas depuis 1946. Et les sondages ont montré que le nombre d’indécis a augmenté dans les dernières semaines : ils sont passés de 20% à 35%. C’est aussi un phénomène nouveau.

Risqué pour l'Europe

La crise italienne est très risquée pour l’Europe constate Marianne Dony, de l'Institut d'études européennes de l'ULB: "Une Italie ingouvernable c’est beaucoup, beaucoup plus grave qu’une Grèce ingouvernable en raison de l’importance de l’Italie dans l’économie, mais aussi parce que ce pays est l’un des fondateurs de l’Union européenne. Et la montée des mouvements anti-européens en Italie est aussi très inquiétante". Les scores des partis de Silvio Berlusconi et de Beppe Grillo témoignent d’un "vote protestataire interne mais aussi d’un vote de défiance vis-à-vis de l’Union européenne. Cela ne peut qu’inquiéter les autres Etats européens, et probablement les marchés également". Pour Marianne Dony, "c’est un vote de rejet de ces politiques d’austérité imposées. Il y a sans doute un aspect de vote de fierté qui a été exprimé. L’Italie se considère (à juste titre) comme un très grand pays, et être traité de la même manière que Chypre ou la Grèce a dû beaucoup jouer dans ce vote anti-européen".

Mais il ne faut pas s’attendre à un coup d’arrêt des politiques d’austérité en Europe, selon Marianne Dony, tout au plus pourrait-on voir un adoucissement du rythme. D’autant plus que tout changement de cap peut faire paniquer les marchés et conduire à une situation nettement plus grave, conclut-elle.

A.L. avec B. Henne

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK