Italie: Berlusconi restera en politique, "banni ou non de l'Assemblée"

"On peut très bien faire de la politique sans être au Parlement", a déclaré Silvio Berlusconi alors que son expulsion du Sénat pourrait être décidée
"On peut très bien faire de la politique sans être au Parlement", a déclaré Silvio Berlusconi alors que son expulsion du Sénat pourrait être décidée - © GABRIEL BOUYS

En Italie, la commission sénatoriale a entamé la procédure pour expulser Silvio Berlusconi du Sénat. Cette décision devrait être confirmée en séance plénière dans les prochaines semaines, mais le Cavaliere n'entend pas sortir du jeu politique italien. Il l'a répété dans un message vidéo diffusé sur toutes les télévision.

C'est un décor désormais bien connu : en costume sombre, debout devant sa bibliothèque, Silvio Berlusconi parle aux italiens "avec sincérité", dit-il. Un monologue de 16 minutes dans lequel il attaque, tel un éternel refrain, la magistrature politisée, irresponsable et au service d'une gauche dont il se dit la victime : "Moi je n'ai commis aucun délit, je ne suis coupable de rien, je suis innocent, je suis absolument innocent", clame-t-il.

Une condamnation qui prouve selon lui que l'Italie n'est plus une démocratie. L'ancien président du Conseil dresse un tableau bien sombre du pays. La crise, les taxes excessives, les abus de la gauche... Autant de raisons, dit-il, pour lancer un appel à la rébellion : "Réagissez, protestez, faites vous sentir, vous avez le devoir de faire quelque chose de fort, de grand pour sortir de la situation dans laquelle ils nous ont précipité".

Archivé le parti du peuple de la liberté, Silvio Berlusconi veut faire croire que, comme en 1994, seul un grand mouvement populaire pourra sauver l'Italie  de la catastrophe. Il annonce la renaissance de Forza Italia, et surtout, fait taire les rumeurs : "Moi je serai toujours à vos côtés, banni de l’Assemblée ou non, on peut très bien faire de la politique sans être au Parlement". Et il ajoute : "Ce n'est pas le siège qui fait le leader mais le consentement populaire."

Silvio Berlusconi ne menace pas de faire tomber le  gouvernement d'Enrico Letta, mais sa stratégie est désormais claire. Même condamné, sans liberté, et exclu du sénat, l'homme qui fêtera dans dix jours ses 77 ans compte bien rester dans la course.

Valérie Dupont, correspondante RTBF à Rome

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