Italie: à Rocca di Papa, l'arrivée des migrants divise la population

En Italie, l'arrivée de migrants ont provoqué des réactions ouvertement racistes dans la petite ville ou les migrants ont été transférés. Exemple à Rocca di Papa, une localité perchée sur les collines romaines. L'endroit semble accueillant et pourtant les habitants n'ont plus qu'un mot à la bouche… les migrants.

"Nous avons peur de ces gens, hier dans ce jardin public, il y en avait plus de vingt, et si on ose leur adresser la parole, ils nous agressent", assure un homme. "Les Nigérians sont pour moi un peuple de dégénérés. En tous les cas ceux qui sont chez nous, les autres là bas, je ne sais pas. Mais ceux qui sont chez nous sont les plus désordonnés, les plus sales, pour tout. Ils ne respectent rien", ajoute un autre.

Rocca di Papa est en ébullition depuis l'arrivée des 150 migrants du navire Diciotti, le bateau bloqué par le ministre Salvini pendant 10 jours à la fin du mois d'août. Arrivés en pleine nuit, pour être hébergés dans un centre géré par l'église catholique italienne, les migrants ont été reçu par un comité d'accueil particulier. Des mots de bienvenue d'un coté, et l'extrême droite de l'autre avec drapeaux et hymne national en prime. Le tout séparé par la police.

Depuis, cette division se reflète dans la population. Pour un habitant, "les gens d'ici veulent croire que tous nos problèmes sont de la faute des 'nègres', comme ils disent… Alors qu'ils jouent aux machines à sous, ne veulent pas aller travailler et veulent tous devenir directeur de Fiat sans rien faire".

"Tout est fait pour eux et rien pour nous"

Depuis quelques jours, les squadristes locaux de Casapound, le parti d'extrême droite sont dans la ville. Et ce pour le plus grand plaisir de certains. Comme cette femme qui s'estime abandonnée par les pouvoirs publics. Selon elle, "ce n'est pas une question de racisme, car si on peut aider nous on aide. Mais c'est une question d'excès. Et maintenant tout est fait pour eux et rien pour nous. Il y a beaucoup d'Italiens qui sont dans le besoin".

Devant le siège de la commune, les extrémistes de Casapound reprennent les arguments de Matteo Salvini : fermeture des frontières,  "les Italiens d'abord"... et la plupart des passants approuvent. "On ne devrait pas les faire entrer selon moi,tout simplement,  les gens ont en ras le bol de ces noirs qui traînent dans les rues avec leur téléphone et qui ne semblent pas vraiment mourir de faim."

La xénophobie affichée dans la ville préoccupe Emanuele Crestini, le maire de Rocca di Papa. Il sait que ses concitoyens sont séduits par le discours de Matteo Salvini. "La politique de Salvini est une politique de contraste sur ce problème. Le ton et la violence verbale sont élevés par rapport au précédent gouvernement, c'est un fait, tout le monde peut le comprendre,  mais on verra à quoi et où nous mènera cette politique", conclut-il.

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