Istanbul: le sommet humanitaire mondial s'ouvre sans MSF

Ce dimanche 22 mai, le vice-secrétaire général de l'ONU Jan Eliasson, le sous-secrétaire général de l'ONU pour les Affaires humanitaires Stephen O'Brien et le porte-parole du sommet Herve Verhoosel donnaient une conférence de presse à Istanbul.
Ce dimanche 22 mai, le vice-secrétaire général de l'ONU Jan Eliasson, le sous-secrétaire général de l'ONU pour les Affaires humanitaires Stephen O'Brien et le porte-parole du sommet Herve Verhoosel donnaient une conférence de presse à Istanbul. - © OZAN KOSE - AFP

Istanbul accueille le premier Sommet humanitaire mondial de l’ONU, événement d’ampleur inédite visant à réformer un secteur humanitaire en crise, dépassé et sous-financé. Un sommet qui soulève beaucoup de scepticisme du côté des acteurs de l'humanitaire.

Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon avait voulu ce sommet il y a quatre ans, avec comme objectif avoué de faire avancer des projets concrets. "Il s'agit d'une opportunité unique de mettre en place un programme ambitieux et de long terme afin de changer la façon dont nous apaisons et prévenons les souffrances des plus vulnérables de ce monde", a déclaré dimanche à la presse le sous-secrétaire de l'ONU aux Affaires humanitaires Stephen O'Brien.

Des ambitions énormes pour cette rencontre de deux jours au cours de laquelle 6000 participants et 70 chefs d'État et de gouvernement tenteront de se pencher sur les dysfonctionnements du système humanitaire mondial.

"Démonstration de bonnes intentions"

Certaines ONG, comme Médecins sans frontières (MSF), ont préféré décliner l'invitation à ce qu'ils qualifient de "démonstration de bonnes intentions". MSF, dont 75 hôpitaux ont été attaqués l'année dernière, a indiqué qu'elle boycotterait le sommet en raison du manque d'initiatives concrètes pour mettre fin aux "graves restrictions mises en places par certains Etats" en termes d'accès humanitaire. Le système humanitaire actuel est trop "bureaucratique et allergique au risque", a dit à l'AFP Sandrine Tiller, de MSF, pour qui le Sommet risque de ne rien changer à la situation des personnes affectées par les conflits en Syrie ou au Yémen.

La Turquie, de son côté, compte transformer cet événement, dont l'organisation avait été attribuée à Istanbul il y a trois ans, en moment de fierté nationale et en opération de communication. Le président turc doit rencontrer en tête-à-tête plusieurs chefs d'État, notamment la chancelière allemande Angela Merkel. Cette dernière a cependant refroidi la partie en affirmant vendredi qu'elle évoquerait avec Recep Tayyip Erdogan les problèmes de démocratie en Turquie.

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