Israël: vers une opération militaire dans la bande de Gaza

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La ministre israélienne des Affaires étrangères, Tzipi Livni, a promis jeudi au Caire des représailles face à la multiplication des attaques du mouvement palestinien Hamas.

"Ca suffit! la situation va changer", a déclaré Mme Livni, à l'issue d'un entretien avec le président égyptien, Hosni Moubarak. La ministre israélienne des affaires étrangères commente l'escalade de la violence depuis l'expiration, le 19 décembre, d'une trêve de six mois entre le Hamas et Israël, négociée par l'Egypte.  "Malheureusement (...) le Hamas contrôle (la bande de Gaza), et le Hamas a décidé de cibler Israël, cela doit être stoppé et c'est ce que nous allons faire", a-t-elle prévenu. En écho à ces propos, le chef d'état-major israélien, Gabriel Ashkenazi, a assuré que l'armée frappera "les infrastructures terroristes afin de créer une réalité sécuritaire différente autour de la bande de Gaza". Le Hamas a répondu ne "pas craindre" ces menaces. "Ce sont les usurpateurs sionistes, et non les Palestiniens ou le Hamas, qui paieront le prix des stupidités" proférées par Tzipi Livni, a ajouté un porte-parole Fawzi Barhoum. Des responsables de la Défense et en premier lieu, le ministre travailliste Ehud Barak ont exprimés des réticences ces derniers jours . Ce dernier affirme désormais que le Hamas paiera "le prix fort" pour les tirs de roquettes. "Le temps des paroles en l'air est passé", a-t-il indiqué.

Ce serait principalement pour ne pas embarrasser Le Caire en le plaçant devant un fait accompli qu'Israël s'est jusqu'à présent abstenu de lancer des opérations.

Mme Livni, qui a mené les négociations de paix avec les Palestiniens, a également dit que la situation dans la bande de Gaza était "devenue un obstacle pour la création d'un Etat palestinien". "L'emprise du Hamas sur la bande de Gaza n'est pas seulement un problème israélien. Nous comprenons les besoins de l'Egypte, ce que nous faisons est une expression des besoins de la région", a-t-elle souligné. L'Egypte -dont les relations avec le Hamas se sont largement refroidies après l'échec d'une réconciliation avec le Fatah, imputé par Le Caire aux islamistes- a appelé à la "retenue" et promis de poursuivre ses efforts en vue de l'instauration d'une trêve.

"Le président (Moubarak) a dit clairement qu'il ne devait y avoir de punition collective" contre les Palestiniens, a souligné le chef de la diplomatie égyptienne Ahmad Aboul-Gheit. Par ailleurs, Ehud Barak a annoncé la réouverture vendredi des passages entre Israël et la bande de Gaza "pour permettre le transfert vers Gaza d'une aide humanitaire indispensable". Les différents points d'accès à la bande de Gaza ont été ouverts pour laisser passer 80 camions chargés de carburant et de produits de première necessité.

Sur le terrain, les groupes armés palestiniens ont tiré jeudi à partir de la bande de Gaza "au moins 17 obus de mortier et trois roquettes qui se sont abattus sur le sud du territoire israélien", selon un porte-parole militaire à Tel-Aviv. La veille, le Hamas avait pilonné Israël avec plus 80 de ces engins en riposte à la mort de trois de ses membres. Une roquette s'est aussi abattue jeudi soir sans faire de blessés sur la ville d'Ashkelon, où se trouve une importante centrale électrique, à 18 km au nord de la bande de Gaza. Le Hamas a décidé de ne pas reconduire la trêve en raison de la poursuite du blocus israélien dévastateur de la bande de Gaza. Quant à l'Etat hébreu, il a fait preuve de retenue et a à plusieurs reprises émis l'espoir d'un retour à une accalmie. "L'objectif prioritaire est de parvenir à une trêve durable" par l'intermédiaire de l'Egypte, qui exclurait totalement "des tirs occasionnels" contre Israël, a ainsi déclaré le porte-parole du ministère des Affaires étrangères israélien, Yigal Palmor.

 

Voir notre article sur tzipi Livni en Egypte

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