Jerusalem: "Jour de la colère" pour les Palestiniens

Des dizaines de milliers de Palestiniens ont entendu leurs imams prêcher la défense de la mosquée Al-Aqsa contre les Israéliens, lors de la grande prière du vendredi en Cisjordanie, à Gaza et dans la Vieille ville de Jérusalem transformée en camp retranché.

A Al-Aqsa même, la prière placée sous très haute surveillance policière israélienne s'est déroulée dans le calme sur l'esplanade des Mosquées, rouverte vendredi matin après avoir été complètement fermée jeudi par Israël. 

Mais, à quelques kilomètres de là, à Qalandiya, la prière a été suivie d'affrontements entre environ 300 Palestiniens et des policiers israéliens au check-point entre Jérusalem et la Cisjordanie occupée sur la route de Ramallah, ont indiqué les forces de sécurité palestiniennes. 

Une dizaine de Palestiniens ont été blessés, dont un par balles, ont indiqué les secours palestiniens. Des jets de pierres ont aussi été rapportés contre des gardes-frontières dans le quartier de Wadi Joz à Jérusalem, a indiqué la police israélienne, ainsi qu'à Hébron et Ramallah : 

Les Palestiniens étaient appelés de toutes parts à mettre à profit les rassemblements de la prière pour manifester contre les agissements israéliens sur l'esplanade des Mosquées, où se trouve la mosquée Al-Aqsa.

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Des Palestiniens prient dans une rue de Jérusalem-Est, face aux forces de police israéliennes. © AHMAD GHARABLI - BELGAIMAGE

Une mesure inédite

La fermeture jeudi de l'esplanade des Mosquées était une première depuis l'annexion de 1967, selon la fondation jordanienne qui gère le site. La police israélienne affirme en revanche que cela n'était pas arrivé depuis 2000, après la visite sur l'esplanade d'Ariel Sharon, alors leader de l'opposition de droite.

Cette fermeture a été imposée par les Israéliens, qui contrôlent les accès à l'esplanade, devant une nouvelle montée des tensions après une tentative d'assassinat contre une figure de la droite ultranationaliste juive et la mort de son agresseur présumé, tué par les policiers.

L'esplanade rouverte avant les prières de l'aube reste interdite par précaution aux hommes de moins de cinquante ans, a précisé la porte-parole de la police. En la gardant close, Israël aurait pris un risque considérable.

Les musulmans s'alarment de l'intention prêtée au gouvernement israélien d'autoriser les juifs à prier sur l'esplanade. Ils dénoncent des provocations de la part de juifs ultranationalistes qui accèdent à ce lieu sous le couvert d'une visite et se mettent à prier. Ils s'indignent en outre des restrictions imposées à l'accès au site.

Le gouvernement israélien a répété ces derniers jours n'avoir aucune intention de changer le statu quo sur l'esplanade.

La bataille d'Al-Aqsa

A Ramallah, devant le président palestinien Mahmoud Abbas, l'imam a repris les mots prononcés par ce dernier la veille et qualifié la fermeture de l'esplanade des Mosquées non seulement de "déclaration de guerre aux Palestiniens mais également à l'ensemble des musulmans à travers le monde". Il a lancé un appel à ces derniers et aux oulémas (les théologiens) à défendre Al-Aqsa.

Le parti Fatah du président Abbas avait appelé à une "journée de la colère". "Israël a déclaré la guerre à Jérusalem et à Al-Aqsa", titrait à l'unisson la presse palestinienne.

Dans la bande de Gaza, des milliers de personnes ont pris part à deux rassemblements distincts à l'appel du Hamas et du Jihad islamique, a constaté une journaliste de l'AFP.

"Habitants de Jérusalem, tenez bon! Nous sommes derrière vous pour mener la bataille d'Al-Aqsa", a lancé Fathi Hamad, un dirigeant du Hamas, à la foule après la prière.

 

RTBF avec AFP

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