L'armée israélienne pilonne Gaza, dix Palestiniens tués

Deux personnes ont également été tuées dimanche matin par une frappe israélienne, ont indiqué les secours. Les deux victimes ont succombé à leurs blessures après ce tir israélien dans la ville de Gaza. Cinq autres personnes ont été blessées, ont rapporté les secours.

Plus de 2100 personnes ont été tuées côté palestinien depuis le 8 juillet et le début de l'opération israélienne "Bordure protectrice" contre le Hamas qui contrôle le territoire palestinien, selon les secours locaux. Côté israélien, 64 soldats et quatre civils ont perdu la vie.

L'armée israélienne a indiqué avoir mené 60 frappes dans le territoire déjà dévasté, au lendemain de la mort du premier enfant israélien tué par la guerre. "Le Hamas paiera cher cette attaque", avait prévenu le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu après la mort de cet enfant tué par un obus tiré de la bande de Gaza.

Effectivement, le territoire et la ville de Gaza elle-même ont retenti d'explosions successives pulvérisant des immeubles et forçant les Gazaouis à des courses affolées devant des frappes venues du ciel et semblant pouvoir tomber partout, ont constaté les journalistes de l'AFP.

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Tirs de missiles en plein cœur de la ville de Gaza © MOHAMMED OTHMAN

Au même moment, l'Egypte, médiateur historique, a appelé Israéliens et Palestiniens à accepter un cessez-le-feu et à reprendre les négociations qu'ils ont rompues mardi.

L'une des frappes a atteint avant l'aube une maison d'Al-Zawayda, près du camp de réfugiés de Nousseirat, dans le centre de la bande de Gaza. Cinq membres d'une même famille, deux enfants de trois et quatre ans, leurs parents et une proche, ont péri, selon les secours à l'hôpital Al-Aqsa de Deir al-Balah.

"Leur maison avait déjà été visée auparavant", selon Souleimane Abou Dahror, un parent. "Mais ils n'avaient nulle part ailleurs où aller. Alors ils sont revenus. Et ils ont été frappés une seconde fois", dit-il tandis que des centaines de personnes enterraient les morts d'Al-Zawayda à mains nues dans le sable.

Un homme de 64 ans, un enfant de 12 ans, sa mère de 38 ans et une femme de 43 ans ont été tués dans des raids au sud de la ville de Gaza et à Deir al-Balah.

Un autre raid a détruit une voiture dans la ville de Gaza, faisant un mort et 11 blessés, selon des médecins.

Au coeur de la ville de Gaza, un immeuble de douze étages a été rasé par une frappe israélienne, faisant 18 blessés, dont 10 enfants, selon les services de secours. Ses habitants avaient été appelés à évacuer dix minutes avant l'attaque.

"Prenez garde"

Israël vise non seulement les lieux d'où partent les roquettes tirées contre son territoire, mais aussi les habitations de membres du Hamas. Il impute au Hamas la faute des dommages humains collatéraux.

Soixante-et-onze tirs de roquettes et d'obus de mortiers palestiniens ont atteint samedi Israël sans faire de victime, et 17 autres roquettes lancées de la bande de Gaza ont été interceptées, dont une au dessus de Tel-Aviv, a décompté l'armée israélienne.

Par ailleurs, dans la soirée, l'armée israélienne a annoncé qu'une roquette tirée du Liban avait touché le nord d'Israël, sans faire état ni de dégât ni de victime dans l'immédiat.

En même temps qu'elle bombardait la bande de Gaza, l'armée a diffusé, par tracts, appels téléphoniques et SMS, un message signifiant aux Gazaouis de se tenir à distance des "terroristes" du Hamas. La moindre maison suspecte "sera prise pour cible (...) La campagne des forces armées d'Israël n'est pas terminée. Prenez garde", disent les tracts israéliens.

Palestiniens et Israéliens ont repris les hostilités mardi après un cessez-le-feu de neuf jours. Des négociations indirectes menées au Caire par l'entremise des Egyptiens pour transformer le cessez-le-feu en trêve durable se sont soldées par un échec.

Stopper l'effusion de sang

L'incertitude reste totale sur l'évolution du conflit. Mais les consultations diplomatiques se poursuivent.

L'Egypte, grand voisin d'Israël et de la bande de Gaza et un des deux seuls pays arabes à avoir un accord de paix avec l'Etat hébreu, a invité Palestiniens et Israéliens à reprendre les discussions, a déclaré le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas.

"Ce qui nous intéresse maintenant c'est de mettre fin à l'effusion de sang", a dit Mahmoud Abbas. "Quand cette trêve sera entrée en vigueur, les parties pourront s'asseoir et discuter de leurs demandes".

Le Hamas est "pour tout accord ou tout effort sérieux qui réponde aux exigences palestiniennes. On discutera de toute proposition faite", a déclaré un porte-parole du mouvement à Gaza, Sami Abou Zouhri.

S'exprimant devant des responsables dans le sud d'Israël, le ministre israélien de la Défense Moshe Yaalon a laissé entendre qu'Israël n'écartait pas une reprise des discussions.

"Je suis convaincu que l'autre partie est dans une situation où elle a plus besoin d'un cessez-le-feu que nous. Nous devons mener les choses de manière diplomatique (...) vers un point où nous parviendrons au calme et à la sécurité pour une période plus longue", a-t-il déclaré.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu s'est entretenu pour sa part par téléphone avec le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon qui a affirmé, selon ses services, "la nécessité de revenir à un cessez-le-feu sous les auspices égyptiens".

Benjamin Netanyahu a de nouveau comparé le Hamas à l'Etat islamique qui a proclamé un califat entre la Syrie et l'Irak et vient d'exécuter le journaliste américain James Foley. "Le monde entier a pu voir hier le Hamas conduire des exécutions de masse comme l'EIIL", rebaptisé Etat islamique, a-t-il dit selon ses services.

Le Hamas a procédé vendredi à une série d'éliminations sommaires de Palestiniens accusés de collaborer avec Israël.

AFP

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