Israël: Netanyahu se donne 2 à 3 semaines pour former un gouvernement

Israël: le parti de Netanyahu arriverait en tête des élections
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Israël: le parti de Netanyahu arriverait en tête des élections - © MENAHEM KAHANA - BELGAIMAGE

Le Premier ministre israélien sortant Benjamin Netanyahu se donne deux à trois semaines pour former un nouveau gouvernement après sa victoire aux élections parlementaires de mardi, indique son parti. Après les résultats, l'UE a félicité Netanyahu en insistant sur "la relance du processus de paix". Position évidemment très différente de la part de l'OLP pour qui Netanyahu a "enterré la solution à deux Etats".

Le parti du Premier ministre israélien sortant Benjamin Netanyahu, le Likoud, est donné vainqueur des élections législatives ce mercredi avec 23,3% des voix, après le dépouillement de 96% des bulletins de vote. Il devance la liste de centre gauche d'Isaac Herzog, qui obtient 18,7%. Le Likoud devrait remporter 29 des 120 sièges du Parlement, tandis que le parti de centre gauche en obtiendrait 24, annoncent le Jerusalem Post et le site Ynet.

Benjamin Netanyahu s'est entretenu avec différents chefs de parti, il "a l'intention de se mettre immédiatement à la formation du gouvernement afin d'achever cette tâche dans un délai de deux à trois semaines", a dit le Likoud.

Par ailleurs, Isaac Herzog a reconnu la victoire de Netanyahu et lui souhaite "bonne chance". "J'ai parlé il y a quelques minutes au Premier ministre Benjamin Netanyahu. Je l'ai félicité de son succès et je lui ai souhaité bonne chance", a-t-il dit.

Dans un discours devant ses électeurs, l'actuel Premier ministre a appelé les partis de droite à le rejoindre rapidement pour former une majorité nationaliste.

"Contre tous les pronostics, nous avons signé une grande victoire pour le camp national sous la conduite du Likoud !", a-t-il lancé devant ses partisans en liesse à Tel-Aviv. A présent, "nous devons construire un gouvernement fort et stable", a-t-il ajouté.

L'heure était également à la fête à Nazareth, au quartier général de la liste représentant les Arabes israéliens, descendants des Palestiniens restés sur leurs terres à la création d'Israël en 1948. Cette liste a créé un autre événement de ce scrutin en terminant troisième avec 13 sièges selon des sondages. Mais son soutien à Isaac Herzog pourrait faire perdre à ce dernier d'autres partenaires éventuels.

 

Israël: l'UE félicite Netanyahu et insiste sur "la relance du processus de paix"

L'Union européenne a "félicité" Benjamin Netanyahu, pour sa victoire aux élections, l'appelant à un "leadership audacieux" pour relancer le processus de paix alors que les pourparlers sont au point mort depuis près d'un an.

"L'UE s'engage à travailler avec le nouveau gouvernement israélien à une relation mutuellement bénéfique ainsi qu'à une relance du processus de paix", a écrit la chef de la diplomatie de l'UE, Federica Mogherini, dans un communiqué.

M. Netanyahu avait semblé enterrer ce processus en excluant la création d'un Etat palestinien au dernier jour de la campagne électorale. "Nous sommes à un moment crucial, avec de nombreuses menaces partout au Moyen-Orient", a souligné Mme Mogherini, rappelant le soutien "loyal" de l'UE à "une résolution pacifique du conflit israélo-palestinien, dans l'intérêt du peuple israélien, du peuple palestinien et de toute la région". "Nous sommes à vos côtés, vous pouvez compter sur nous", a-t-elle dit.

Mais "plus que jamais, un leadership audacieux est requis de la part de tous, pour trouver une solution globale, stable et viable à ce conflit qui a privé trop de générations de paix et de sécurité", a-t-elle insisté.


D'après agences

Israël: l'UE félicite Netanyahu et insiste sur "la relance du processus de paix"

L'Union européenne a "félicité" Benjamin Netanyahu, pour sa victoire aux élections, l'appelant à un "leadership audacieux" pour relancer le processus de paix alors que les pourparlers sont au point mort depuis près d'un an.

"L'UE s'engage à travailler avec le nouveau gouvernement israélien à une relation mutuellement bénéfique ainsi qu'à une relance du processus de paix", a écrit la chef de la diplomatie de l'UE, Federica Mogherini, dans un communiqué.

M. Netanyahu avait semblé enterrer ce processus en excluant la création d'un Etat palestinien au dernier jour de la campagne électorale. "Nous sommes à un moment crucial, avec de nombreuses menaces partout au Moyen-Orient", a souligné Mme Mogherini, rappelant le soutien "loyal" de l'UE à "une résolution pacifique du conflit israélo-palestinien, dans l'intérêt du peuple israélien, du peuple palestinien et de toute la région". "Nous sommes à vos côtés, vous pouvez compter sur nous", a-t-elle dit.

Mais "plus que jamais, un leadership audacieux est requis de la part de tous, pour trouver une solution globale, stable et viable à ce conflit qui a privé trop de générations de paix et de sécurité", a-t-elle insisté.


 

Les Palestiniens déterminés dans leur offensive diplomatique face à Israël

Les Palestiniens n'avaient aucune illusion quant aux élections israéliennes, mais le triomphe de Benjamin Netanyahu, qui vient d'enterrer l'idée d'un Etat palestinien tant qu'il serait Premier ministre, ne fait que les conforter dans leur détermination à la confrontation diplomatique et légale.

En choisissant M. Netanyahu, Israël "a choisi la voie du racisme, de l'occupation et de la colonisation, et n'a pas choisi la voie des négociations et du partenariat", a dit à l'AFP Yasser Abed Rabbo, secrétaire général de l'Organisation de libération de la Palestine (OLP).

Pour le négociateur en chef palestinien Saëb Erakat, M. Netanyahu a "enterré la solution à deux Etats". Un "crime de guerre" supplémentaire que les Palestiniens porteront devant la Cour pénale internationale (CPI) dès le 1er avril, a-t-il assuré. "Il n'y a pas de partenaire pour la paix en Israël", tranche-t-il.

'Les masques sont tombés'

Les Palestiniens ont cessé de placer leurs espoirs dans d'énièmes négociations -les dernières menées avec M. Netanyahu ont échoué en avril 2014- pour mettre fin à près de 70 ans de conflit, et lancé une intense campagne internationale pour défendre leur cause.

Côté israélien, on jouait mercredi l'apaisement. Un proche de M. Netanyahu, Tzahi Hanegbi, assurait sur la radio publique que si l'Autorité "change d'attitude", elle "trouvera la main tendue du Likoud (le parti de M. Netanyahu) pour reprendre le dialogue".

Mais les Palestiniens vont "accélérer, poursuivre et intensifier" leur offensive diplomatique, maintient M. Erakat. C'est sous M. Netanyahu qu'ils se sont tournés en 2012 vers l'ONU pour obtenir le statut d'Etat observateur. Sous son mandat encore qu'ils ont proposé en 2014 une résolution -qui a échoué- au Conseil de sécurité de l'ONU pour fixer un terme à l'occupation israélienne.

Et c'est lui notamment qu'ils veulent faire citer à la CPI, une initiative qui leur vaut depuis trois mois de ne plus recevoir plus de deux tiers de leurs recettes propres, aujourd'hui près d'un demi-milliard de dollars, gelées par le gouvernement Netanyahu.

Pour Mustapha Barghouthi, un dirigeant palestinien, "les masques sont tombés" avec ces élections. "Netanyahu tue la solution à deux Etats et Israël est officiellement un Etat d'apartheid", écrit-il sur Twitter.

La guerre des tweets

Mardi, en plein scrutin, M. Netanyahu diffusait une vidéo alarmiste: les Arabes israéliens "votent en masse, la droite est en danger", martelait-il. Pour le porte-parole de l'OLP, Xavier Abou Eid, c'est la preuve que "Netanyahu connaît Israël mieux que personne: plus de colonies 'discours de haine' refuser aux Palestiniens leurs droits = élection gagnée", twitte-t-il.

Les élections ont au moins "forcé Netanyahu à révéler sa véritable position et cela va relancer le boycott international qui faiblissait", veut croire l'éditorialiste palestinien Daoud Kuttab.

'Mieux vaut le mal qu'on connaît'

Dans la rue palestinienne domine plutôt la résignation, en particulier à Gaza, ravagée par trois offensives israéliennes en six ans et où le Hamas islamiste s'est redit "prêt et fort" en cas de nouvelle guerre.

Les travaillistes auraient permis à Israël de montrer son meilleur visage à la communauté internationale, disent les Palestiniens. En revanche, note l'écrivain palestinien Raja Shehadeh dans une tribune, "quand on leur demande qui ils préfèreraient voir gagner, la réponse la plus fréquente est Benjamin Netanyahu car mieux vaut le mal qu'on connaît".

La direction palestinienne attend quand même du prochain gouvernement israélien qu'il desserre les cordons de la bourse et recommence à verser les taxes qu'il prélève pour son compte.

L'Autorité menace de rompre la coopération sécuritaire avec Israël et de le forcer à reprendre en main le destin des près de 5 millions de Palestiniens des Territoires qu'il occupe.


D'après agences