Israël: le tourisme contribue à la colonisation de la Cisjordanie, dénonce Amnesty

Pour Amnesty International, les plateformes de réservation en ligne attirent les touristes dans les colonies israéliennes et contribuent ainsi à leur existence et à leur extension.
Pour Amnesty International, les plateformes de réservation en ligne attirent les touristes dans les colonies israéliennes et contribuent ainsi à leur existence et à leur extension. - © MENAHEM KAHANA - AFP

Les plateformes de réservation touristique se rendent complices de violations du droit international.  C’est ce qu’affirme Amnesty International dans un rapport sur les offres de logements et d'activités dans les territoires palestiniens occupés par Israël. Pour Amnesty, Airbnb, Booking.com, Expedia et Trip Advisor tirent profit d'une situation illégale.

En quelques clics, sur Internet, il y a moyen de réserver de superbes logements avec piscine dans des lieux impressionnants, présentés comme des sites bibliques ou archéologiques. Le plus souvent, rien n'indique que ces logements israéliens sont en fait en Cisjordanie, territoire palestinien occupée militairement par Israël. Ils se trouvent pourtant dans des colonies, implantées en violation du droit international.

Camping dans le désert dont les bédouins ont été chassés

Amnesty International prend l'exemple de la colonie de Kfar Adoumim, présentée sur les sites touristiques comme un endroit paisible avec vue sur la vallée du Jourdain. Juste à côté se trouve le village bédouin de Khan al Ahmar menacé de destruction pour pouvoir étendre la colonie. "Le gouvernement israélien utilise le tourisme dans les colonies pour légitimer leur existence et leur extension, dénonce Amnesty. Et les entreprises de réservation en ligne entrent dans leur jeu."

L'ironie, c'est qu'elles proposent une expérience de camping dans le désert, en utilisant la culture bédouine. Mais ces activités se déroulent sur des terres dont les bédouins et leurs élevages ont été chassés.

"Amnesty International, cette organisation hypocrite, agit pour promouvoir un boycott contre des Israéliens

En réponse, un ministre israélien a accusé Amnesty de promouvoir le boycott d'Israël. "Amnesty International, cette organisation hypocrite qui parle au nom des droits humains, agit pour promouvoir un boycott contre des Israéliens dans le cadre d'une campagne de délégitimisation antisémite", a affirmé Gilad Erdan, ministre de la Sécurité intérieure et des Affaires Stratégiques. Il envisage d'empêcher l'entrée et le séjour des membres d'Amnesty International en Israël.

Airbnb avait annoncé en novembre qu'il allait retirer les offres situées dans les colonies de Cisjordanie. Elles sont en fait toujours disponibles à ce jour. Amnesty rappelle que toutes les entreprises, et pas seulement le secteur du tourisme, devraient s'abstenir de mener des activités économiques dans les colonies israéliennes. Ces activités permettent la poursuite d'un crime de guerre. L'Irlande prépare actuellement une loi qui interdira les importations de biens et services en provenance des colonies israéliennes. Le gouvernement israélien a protesté contre ce texte actuellement examiné au parlement irlandais.

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