Israël lance des raids aériens contre Gaza en représailles à un tir de roquette

Heurts entre Palestiniens et Israéliens le long de la frontière, le 5 octobre 2018 à Gaza
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Heurts entre Palestiniens et Israéliens le long de la frontière, le 5 octobre 2018 à Gaza - © Anas BABA

L'aviation israélienne a lancé mercredi matin des raids dans la bande de Gaza en réponse à un tir de roquette, le premier depuis des semaines en provenance du territoire palestinien en proie à des tensions grandissantes, a indiqué l'armée israélienne.

Ces actes d'hostilité interviennent dans une période de tensions ravivées qui font craindre un nouveau conflit entre Israël et les groupes armés palestiniens, dont le mouvement islamiste Hamas qui dirige sans partage la bande de Gaza. 

"Des avions de combat israéliens ont commencé à attaquer des cibles terroristes dans la bande de Gaza", a dit l'armée dans un message. Six sites ont été frappés dans toute la bande de Gaza, a indiqué le Hamas dans un communiqué. Aucun blessé n'a été rapporté dans un premier temps.

Quelques heures auparavant, une roquette tirée de Gaza est tombée à Beer-Sheva (sud), à une quarantaine de kilomètres du territoire palestinien, y causant des dégâts, ont dit l'armée et la police israaéliennes. Il s'agit de la première roquette tirée depuis plusieurs semaines du territoire palestinien sous blocus contre Israël.

Des ripostes quasiment systématique

"A 4h00 ce matin, les Israéliens de la ville de Beer-Sheva couraient vers les abris après le lancement d'une roquette de la bande de Gaza contre Israël", a tweeté l'armée israélienne. "Nous défendrons les populations civiles israéliennes", ajoute-t-elle, laissant présager sa future riposte, quasiment systématique dans de tels cas.

"Une roquette a frappé la ville de Beer-Sheva il y a quelques instants causant des dégâts", a dit la police israélienne dans un message. Il n'a pas été fait état de blessés. Le projectile est tombé dans le jardin d'une maison occupée par une famille avec trois enfants, qui n'a pas été blessée, mais a été traitée pour un état de choc, a rapporté la presse.

L'armée israélienne a rapporté un autre tir de roquette, en direction de la mer. On ignore qui, à Gaza, a tiré. Mais l'armée israélienne dit tenir le Hamas pour responsable de ce qui se passe dans le territoire sous son contrôle et frappe communément des positions du mouvement islamiste en représailles à de tels tirs. Ce tir de roquette survient alors que l'issue des efforts menés depuis plusieurs semaines par l'Egypte et l'ONU en vue d'une trêve durable paraît très aléatoire.

"Coup sévère"

Le ministre israélien de la Défense, Avigdor Lieberman, a affirmé mardi la nécessité de porter un "coup sévère" au Hamas à Gaza. Avigdor Lieberman a aussi souligné que la décision n'appartenait pas qu'à lui, mais aussi au cabinet de sécurité qui, selon lui, est divisé sur la question d'une action militaire d'envergure. Le cabinet de sécurité israélien, forum restreint en charge des questions les plus sensibles autour du Premier ministre, doit se réunir mercredi selon la presse.

Israël et le Hamas ainsi que ses alliés se sont livré trois guerres depuis 2008 et observent un cessez-le-feu régulièrement remis en cause depuis le conflit de 2014.

Les manifestants réclament aussi le droit au retour des Palestiniens

Depuis le 30 mars, Gaza, territoire éprouvé par les guerres, la pauvreté et la réclusion, est le théâtre d'une vaste mobilisation contre le blocus imposé depuis plus de dix ans par Israël. Les manifestants réclament aussi le droit au retour des Palestiniens sur les terres dont ils ont été chassés ou qu'ils ont fuies à la création d'Israël en 1948.

Souvent violentes, ces manifestations près de la barrière frontalière de plusieurs mètres de haut, étroitement gardée par l'armée israélienne, sont plusieurs fois allées de pair avec des échanges de tirs de roquettes, d'obus et de missiles entre groupes armés gazaouis et armée israélienne.

Dans la nuit du 8 au 9 août, Israël avait essuyé plus de 180 tirs de roquettes et de mortier. Son armée avait riposté en frappant plus de 150 sites militaires du Hamas, selon l'armée israélienne, avant un arrêt des hostilités par les entremises onusiennes et égyptiennes.

Au moins 205 Palestiniens ont été tués depuis le 30 mars, la plupart lors de protestations le long de la frontière, d'autres par des frappes de chars ou de l'aviation israélienne. Un soldat israélien a été tué.

Archive : JT 11/10/2018

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