Israël: la fin d'une solution à deux Etats?

les forces israéliennes face à des manifestants palestiniens, à Jérusalem.
les forces israéliennes face à des manifestants palestiniens, à Jérusalem. - © MENAHEM KAHANA - AFP

La reconnaissance de Jérusalem comme capitale d'Israël par les Etats-Unis complique-t-elle la donne pour trouver une solution à la crise au Moyen-Orient? Pourrait elle-même signer la fin d’une solution à deux Etats? Bichara Khader et Yohan Benizri en débattaient dans Soir Première. L’un est professeur émérite de l’UCl et spécialiste du monde arabe. L’autre est président du Comité de coordination des organisations juives de Belgique (CCOJB).

"La position du CCOJB n’a pas changé depuis des décennies, explique Yohan Benizri. Nous voulons deux états pour deux peuples, avec une vraie partition. Il y aura encore des négociations. Et elles comprendront probablement Jérusalem comme question".

Deux peuples pour deux états, Bichar Khader n’y croit plus. "Dès la signature des accord d’Oslo, j’ai défendu la solution de deux Etats. Mais, en 23 ans, la seule chose qui a bougé, c’est la poursuite de la colonisation, les routes de contournement, le mur qui a éventré la Palestine. Aujourd’hui, je pense plutôt à un pays en partage, du Jourdain à la Méditerranée, où il y aurait les mêmes droits pour les Juifs et les Palestiniens. Mais pour Israël, c’est un cauchemar qui signifierait la fin du sionisme. Or pour moi, c’est la solution la plus humaine et la plus politiquement responsable".

La reconnaissance américaine, elle change quoi?

Pour Yohan Benizri, la déclaration de Donald Trump ne change rien. "Elle n’amène pas de changement fondamental. Elle reconnait un état de fait: Jérusalem est la capitale de l’Etat israélien, c'est-à-dire le siège de son Parlement et de son gouvernement depuis la constitution de l’Etat. La déclaration n‘exclut pas que Jérusalem soit aussi la capitale d’un Etat palestinien".

Pour Bichara Khader, l’annonce de Donald Trump au contraire "pourrait plonger le Moyen-Orient dans davantage d’instabilité. Son discours est ambigu. Il a reconnu Jérusalem comme capitale d’Israël. Mais il n’a pas utilisé le jargon israélien d’une Jérusalem une et indivisible. Il ajoute qu’il laisse la négociation sur les frontières et sur les questions de souveraineté aux partis qui vont négocier ultérieurement". Et pour Bichara Khader, cette ambiguïté est source d’instabilité.

Bichara Khader et Yohan Benizri étaient interrogés par Arnaud Ruyssen dans Soir Première.

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