Israël ferme les routes menant à Gaza, signe d'intervention terrestre?

L'aviation israélienne a bombardé la bande de Gaza ce vendredi
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L'aviation israélienne a bombardé la bande de Gaza ce vendredi - © AFP PHOTO / JACK GUEZ

Onze Palestiniens au moins ont été tués vendredi lors de raids aériens israéliens sur la bande de Gaza. Celle-ci avait reçu vendredi matin la visite du Premier ministre égyptien Hicham Qandil. De son côté, à Gaza, la branche armée du Hamas a revendiqué un tir sur Jérusalem.

Cette sirène d'alerte a été entendue par les journalistes de l'AFP, les médias faisant état de plusieurs explosions.

Une roquette a effectivement atteint Goush Etzion, un bloc de colonies au sud-ouest de Jérusalem selon la police, rapporte l'AFP. La roquette n'aurait causé que des dégâts matériels. Le ministre israélien des Affaires étrangères, l'ultranationaliste Avigdor Lieberman, vit dans la colonie de Nokdim, dans la région du Goush Etzion.

C'est la première fois dans l'histoire du conflit israélo-palestinien qu'une roquette tombe si près de Jérusalem, située à 65 km de la bande de Gaza.

Plus tard dans l'après-midi, le ministre de la Défense israélien Ehud Barak a ordonné le rappel de nouveaux réservistes. Israël compte mobiliser jusqu'à 75 000 réservistes. Par ailleurs, l'armée israélienne a annoncé vendredi soir la fermeture de trois routes menant à la bande de Gaza ou longeant la frontière, signe d'une probable intervention terrestre.

Selon Mahmoud Abbas, le président de l'Autorité palestinienne, le Secrétaire général de l'ONU pourrait être dans les territoires palestiniens "d'ici deux ou trois jours".

Un collaborateur d'Israël exécuté

Des membres de la branche armée du Hamas, au pouvoir à Gaza, ont exécuté vendredi un homme présenté comme un "collaborateur" d'Israël, a-t-on appris de sources palestiniennes,

"Les Brigades Ezzedine al-Qassam ont exécuté vendredi un collaborateur qui avait fourni à l'occupant israélien des informations sur les positions de la résistance et de ses lanceurs de roquettes", a déclaré à l'AFP une de ces sources sous le couvert de l'anonymat. Des sources médicales et des témoins ont précisé que le corps avait été conduit à l'hôpital Al-Chifa de Gaza. Les mêmes sources ont confirmé à l'AFP l'authenticité d'une photo circulant sur les réseaux sociaux montrant le cadavre de cet homme gisant au sol, portant une capuche, le visage pâle et couvert de sang, sous une affiche manuscrite maintenue au moyen d'une pierre. "Les Brigades Ezzedine al-Qassam annoncent l'exécution du collaborateur qui a participé à l'assassinat d'au moins 15 dirigeants du peuple palestinien", peut-on y lire. Le Hamas n'a pas commenté ces informations,

Deux Palestiniens tués ce vendredi

Israël avait officiellement accepté ce vendredi de suspendre son offensive aérienne contre la bande de Gaza pendant la visite vendredi du Premier ministre égyptien. Mais il y a quand même eu des raids. Le Hamas a aussi été accusé par le gouvernement israélien de ne pas respecter ce cette trêve. L'armée israélienne a par ailleurs commencé à mobiliser 16 000 réservistes, a-t-elle annoncé.

Deux Palestiniens ont été tués vendredi matin lors d'un raid aérien israélien sur le nord de la bande de Gaza. Une source de sécurité palestinienne a indiqué que "les avions (des forces) d'occupation ont bombardé un groupe d'habitants dans la zone de Nazila" dans le nord de la bande de Gaza. Des sources médicales palestiniennes ont fait état de deux morts dans cette frappe. "Il y a eu 130 raids durant la nuit" a déclaré à l'AFP le porte-parole du ministère de la Défense, Islam Shahwan.

Les raids ont détruit un bâtiment administratif du ministère de l'Intérieur, servant notamment pour le renouvellement des passeports, dans le quartier de Tel al-Hawa, a précisé le porte-parole. Des témoins ont affirmé que des terrains d'entraînement utilisés par des groupes armés palestiniens avaient été détruits lors des dernières frappes israéliennes.

Israël s'est par ailleurs dit prêt à déployer "tous les moyens" pour "neutraliser les capacités de l'infrastructure terroriste du Hamas", a affirmé , l'ambassadeur d'Israël en Belgique, sur nos ondes lors de l'émission Matin première.

L'Egypte va "intensifier ses efforts pour arrêter l'agression"

"L'Egypte va intensifier ses efforts pour mettre fin à cette agression et parvenir à une trêve durable", a déclaré Hicham Qandil lors de sa visite dans un hôpital de Gaza en compagnie du chef du gouvernement du Hamas, Ismaïl Haniyeh, où il a vu des victimes des raids israéliens, dont un enfant tué.

"Je ne peux pas rester silencieux sur ce que j'ai vu aujourd'hui à Gaza, à l'hôpital, les martyrs, l'enfant martyr Mohammad Yasser, vidé de son sang", a-t-il ajouté.

"On ne peut rester silencieux sur cette tragédie et le monde entier porte la responsabilité d'arrêter l'agression, et Israël doit respecter ses engagements et les accords qu'il a signés", a souligné le Premier ministre égyptien, dont le pays fait office de médiateur entre Israël et le Hamas pour ramener le calme autour de Gaza à chaque confrontation.

Il a également "appelé le peuple palestinien à s'unir", en référence à la division entre Gaza, et la Cisjordanie, gouvernés respectivement par le Hamas et l'Autorité palestinienne.

Poutine soutient les efforts de l'Egypte pour faire cesser la violence

Le président russe Vladimir Poutine a indiqué lors d'un entretien téléphonique avec son homologue égyptien Mohamed Morsi qu'il soutenait les efforts du Caire pour faire cesser la violence à Gaza, a indiqué vendredi le Kremlin.

"Le président a dit qu'il soutenait les efforts entrepris par le Caire en vue d'aboutir à une normalisation de la situation", a précisé le Kremlin dans un communiqué.

Au cours de cet entretien, Vladimir Poutine a également souligné "la nécessité de mettre fin à la confrontation armée, appelé les parties engagées dans le conflit à faire preuve de retenue et à mettre fin aux actions militaires qui font des victimes civiles", selon le communiqué.

L'Europe appelle Israël à une réponse "proportionnée"

L'Union européenne a appelé vendredi Israël à une réponse "proportionnée" aux attaques des groupes armés palestiniens venues de la bande de Gaza. Dans un communiqué, la chef de la diplomatie européenne, Catherine Ashton, s'est dite "profondément préoccupée par l'escalade de la violence en Israël et dans la bande de Gaza". Elle a "déploré la perte de vies humaines des deux côtés".

"Les attaques à la roquette de la part du Hamas et d'autres groupes depuis Gaza, qui ont provoqué la crise actuelle, sont totalement inacceptables et doivent cesser. Israël a le droit de protéger sa population de ce genre d'attaques", a affirmé Catherine Ashton.

"J'appelle Israël à faire en sorte que sa réponse soit proportionnée", a-t-elle ajouté.

Navi Pillay exhorte les parties à éviter une escalade

La haut-commissaire de l'ONU aux droits de l'Homme, Navi Pillay, a appelé vendredi à éviter une escalade des combats à Gaza, condamnant les raids aériens israéliens ainsi que les tirs de roquette depuis le territoire palestinien.

"Les deux formes" de violences "tuent des civils", a déclaré un porte-parole du Haut-commissariat, Rupert Colville, lors d'un point presse.

Les tirs de roquette tuent de façon "indiscriminée; les raids aériens tuent également les civils", a-t-il insisté.

Rupert Colville a par ailleurs souligné que les deux parties avaient l'obligation de protéger les civils.

Concernant les violences, le porte-parole a indiqué que le Haut-commissariat "exhorte les deux parties à se retirer".

La Haut-commissaire demande par ailleurs aux parties de "prendre des mesures pour éviter une escalade" des combats.

En outre, le Haut-commissariat s'est dit "extrêmement préoccupé par la forte augmentation des raids aériens" menés par l'aviation israélienne.

Les Etats-Unis et la Grande-Bretagne, de même que la France et la Russie, ont aussi appelé à éviter une escalade des combats et exhorté les deux parties à la retenue.

Les voyageurs belges doivent se signaler

Les Affaires étrangères ont adapté leurs recommandations à destination des personnes qui comptent voyager en Israël. Les voyageurs sont invités à se signaler.

"Il est recommandé aux voyageurs de se signaler auprès de l'Ambassade de Belgique à Tel-Aviv et/ou auprès du Consulat général à Jérusalem et de communiquer par e-mail leurs données personnelles (numéro de passeport, numéro de GSM, personne(s) de contact en Belgique et leur numéro de téléphone, plan de voyage et données des vols) à telaviv@diplobel.fed.be ou jerusalem@diplobel.fed.be", indique le site des Affaires étrangères.

Les voyages non essentiels vers les régions frontalières de Gaza et du Liban sont formellement déconseillés. Suite aux récentes attaques de roquettes, les voyages dans un rayon de 40 km autour de Gaza sont déconseillés.

A Jérusalem, il est déconseillé de se rendre dans le quartier de Silwan (sud de la vieille ville) et il y a lieu de rester vigilant dans la vieille ville et le quartier de Sheikh Jarrah (au nord de la veille ville).

En Cisjordanie, il y a lieu de rester attentif à l'actualité car le contexte politique est fragile.

Déjà plus de 20 morts

Cela fait maintenant deux jours que l'armée a commencé une opération  contre la bande de Gaza. L'opération "pilier de défense" et ses raids contre Gaza ont fait depuis mercredi 21 morts, dont plusieurs enfants, et 235 blessés, selon des sources palestiniennes. Dans le même temps, près de 300 roquettes ont été tirées contre l'Etat hébreu, certaines même en périphérie de Tel-Aviv. Trois Israéliens ont été tués jeudi lorsque l'une d'entre elles a touché de plein fouet un immeuble d'habitation dans le sud d'Israël.

Selon plusieurs témoins, des terrains d'entraînement utilisés par des groupes armés palestiniens ont été détruits lors des dernières frappes israéliennes. D’après le Hamas, les opérations de l’armée israélienne ont fait 19 tués palestiniens, dont plusieurs enfants, et 235 blessés.

Côté israélien, trois personnes ont été tuées. Le ministre de la Défense, Ehud Barak, a autorisé le rappel de 30 000 réservistes. L'armée israélienne a effectué 466 frappes depuis le début de l'opération, déclenchée mercredi après-midi, avec l'assassinat du chef militaire du Hamas, Ahmad Jaabari.

Manifestation au Caire contre les raids israéliens

Plusieurs milliers de personnes se sont rassemblées vendredi devant la mosquée d'Al-Azhar, au Caire, pour protester contre l'offensive aérienne israélienne dans la bande de Gaza.

"A Gaza nous irons, martyrs par millions", "Par notre âme, par notre sang, nous nous sacrifierons pour toi Palestine", ont scandé les manifestants après la grande prière hebdomadaire du vendredi.

"C'est le moins que l'on puisse faire. Il faut montrer notre colère à Israël", a dit à l'AFP un manifestant égyptien, Ahmed Selim.

Le président Mohamed Morsi, un islamiste issu des Frères musulmans, "maison mère" du Hamas au pouvoir à Gaza, a jugé inacceptable l'"agression" israélienne contre le territoire palestinien et ordonné le rappel de l'ambassadeur d'Egypte auprès de l'Etat hébreu.

"Les décisions qui ont été prises ne sont pas suffisantes car nos frères à Gaza se font tuer", a dit un manifestant, Bilal Aboul Ela.

"Ce qui nous satisfera, c'est la rupture des relations avec Israël", a renchéri Mohamed al-Masri, un autre manifestant.

L'Egypte est le premier pays arabe à avoir signé un traité de paix avec Israël en 1979. Elle joue habituellement les intermédiaires entre Israël et le mouvement islamiste palestinien Hamas à chaque flambée de violence entre les deux parties.

Manifestations en Iran

Des manifestations à l'appel du pouvoir ont aussi eu lieu vendredi dans plusieurs centaines de villes iraniennes, dont la capitale Téhéran, pour protester contre l'opération israélienne à Gaza et exprimer la solidarité du peuple iranien avec les Palestiniens, a rapporté l'agence Isna.

A Téhéran, les manifestants ont scandé "mort à l'Amérique" et "mort à Israël", selon Isna.

"Il faut saluer la résistance populaire des Palestiniens et la réponse qu'ils ont donnée au régime sioniste (en lançant des missiles contre Israël, ndlr). Votre méthode est la bonne et vous pouvez mettre à genoux le régime sioniste", a déclaré l'ayatollah Ahmad Khatami, dans son discours à la prière du vendredi de Téhéran, a rapporté l'agence Irna.

Des manifestations, à l'appel du pouvoir, se sont déroulées après la prière dans quelque 700 villes dans le pays, selon Isna.

L'Iran, qui soutient les mouvements islamistes palestiniens, ne reconnaît pas Israël et affirme régulièrement que l'Etat hébreu est voué à disparaître.

RTBF

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