Israël et l'Iran entraînent leurs voisins dans une guerre des drones (infographie)

Ennemis jurés du Moyen-Orient, Israël et l’Iran s’affrontent depuis des mois dans un conflit de plus en plus ouvert sur le territoire syrien. Ces derniers jours, les attaques prennent la forme d’une guerre des drones : l’armée israélienne a mené une série de frappes préventives sur le territoire de pays voisins impliquant des drones. Israël se dit la cible d’une agression iranienne sur plusieurs fronts.

Samedi, l’aviation israélienne mène des frappes aériennes sur une base proche de la capitale syrienne, Damas. Selon l’armée israélienne, l’opération vise des drones iraniens qui se préparaient à frapper le territoire israélien. Allié militaire du régime de Bachar al-Assad dans sa guerre intérieure contre les mouvements rebelles, l’Iran a installé des forces sur le territoire syrien, à la grande crainte d’Israël.

D’après l’armée israélienne, l’unité d’élite des gardiens de la révolution avait transféré d’Iran des "drones tueurs", des appareils sans pilote à bord, chargés chacun de plusieurs kilos d’explosifs. Ils étaient basés sur un aéroport proche de Damas depuis plusieurs semaines. Selon les renseignements israéliens, une tentative de lancer ces drones contre Israël était imminente. Les frappes israéliennes de samedi auraient fait cinq morts, dont un Iranien et deux membres du Hezbollah, selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme. L’armée israélienne affirme avoir tué deux membres du Hezbollah qui avaient reçu une formation en Iran au pilotage de drones explosifs. L’Iran a nié avoir subi des pertes en Syrie.

Deux drones israéliens tombent sur Beyrouth

Quelques heures plus tard, durant la nuit de samedi à dimanche, des explosions retentissent dans la banlieue de Beyrouth, au Liban. Le mouvement chiite Hezbollah proche de l’Iran et les autorités libanaises dénoncent une attaque de drones israéliens. Un drone est tombé et l’autre a explosé près du sol. Le centre de presse du Hezbollah a subi des dégâts, mais les appareils visaient probablement une autre cible qui n’a pas été identifiée. Deux combattants du Hezbollah ont été tués, selon le mouvement. Furieux, le chef du Hezbollah Hassan Nasrallah menace Israël de représailles dans les jours à venir. L’armée israélienne a refusé de commenter cet incident.

Dimanche également, des drones mènent une attaque en Irak, à 15 kilomètres de la frontière syrienne. Les avions sans pilote ciblent une force paramilitaire chiite, elle aussi proche de l’Iran, le Hachd al-Chaabi. La milice accuse Israël d’être responsable de la frappe, qui a fait un mort dans ses rangs. Israël ne confirme pas.

Lundi matin, l’aviation israélienne frappe par trois fois un poste militaire dans l’est du Liban, près de la frontière syrienne. La position visée appartient au FPLP-CG, un groupe palestinien proche du régime syrien et du Hezbollah. Ici non plus, Israël ne commente pas les informations en provenance du Liban.

Sans lien apparent avec les autres attaques, l’armée israélienne mène également lundi des opérations de représailles sur la bande de Gaza. L’aviation vise des objectifs du Hamas palestinien, en riposte à des tirs de roquettes palestiniennes, dimanche soir, en direction du territoire israélien.

Si quelqu’un se lève pour te tuer, tue-le d’abord.

Cette multiplication d’incidents semble montrer un durcissement de l’affrontement, souvent par procuration, entre Israël et l’Iran. Israël considère que le Hezbollah libanais constitue la plus grande menace à sa frontière. Israël a multiplié ces dernières années les frappes visant les intérêts iraniens en Syrie, souvent des cargaisons d’armes destinées au mouvement chiite libanais.

Les deux pays ont évité jusqu’à présent de se lancer dans des affrontements directs. Sur Twitter, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu met néanmoins en garde les dirigeants iraniens : "L’Iran ne bénéficie d’aucune immunité où que ce soit. Nos forces opèrent en tout lieu contre l’agression iranienne", écrit-il. Il ajoute cette menace : "Si quelqu’un se lève pour te tuer, tue-le d’abord."

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