Israël: B. Netanyahu finalise la formation de son gouvernement

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, à Jérusalem le 10 mars 2013
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Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, à Jérusalem le 10 mars 2013 - © Sebastian Scheiner

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a entamé dimanche l'ultime semaine pour former son nouveau gouvernement, qui devrait être présenté quelques jours avant la visite du président américain Barack Obama.

Le temps presse pour Benjamin Netanyahu, qui a obtenu un deuxième et dernier délai du président Shimon Peres pour constituer son cabinet avant le 16 mars, faute de quoi le président pourrait choisir un autre candidat pour tenter de constituer une majorité.

Selon la radio publique, le premier ministre de droite devrait déposer lundi à la Knesset (Parlement) le texte des accords de coalition en cours de discussion et son nouveau gouvernement pourrait obtenir l'investiture de la chambre mercredi.

Benjamin Netanyahu a déclaré qu'un accord avait été conclu sur les "grandes lignes du programme de gouvernement" mais que les discussions devaient se poursuivre dimanche sur la répartition des portefeuilles.

Il veut cependant conclure la procédure avant la visite de M. Obama, sa première en tant que président des États-Unis, en Israël et dans les Territoires palestiniens, qui devrait débuter le mercredi 20 mars.

Soumis à cette double pression, Benjamin Netanyahu a accéléré les tractations et s'est finalement résigné à sceller une alliance avec Yaïr Lapid, chef du parti centriste Yesh Atid, surprenant deuxième lors du scrutin de janvier (19 élus), et Naftali Bennett, dirigeant du Foyer juif, parti nationaliste religieux qui a lui aussi réalisé une percée (12 députés).

L'ex-chef de la diplomatie Tzipi Livni, à la tête d'un autre parti centriste HaTnouha (6 élus), a obtenu le ministère de la Justice ainsi que la direction d'une équipe chargée des négociations, au point mort depuis des années, avec les Palestiniens.

Enfin, Shaul Mofaz, dirigeant de l'ex-grand parti de centre-droit Kadima qui s'est effondré (2 élus), devrait à son tour rallier le futur gouvernement sous l'égide du Likoud-Israël Beiteinou, le parti de Benjamin Netanyahu et de l'ex-ministre des Affaires étrangères Avigdor Lieberman (31 députés).

Les ministrables

Affaibli lors des élections du 22 janvier, Banjamin Netanyahu a dû renoncer à maintenir au gouvernement les partis religieux ultra-orthodoxes (19 députés au total), ses alliés "naturels" selon son expression, en raison notamment du veto du laïc Yaïr Lapid.

Ce dernier exige une loi contraignant les jeunes ultra-orthodoxes à effectuer un service militaire ou civil, dont ils sont pour l'instant exemptés dans leur grande majorité.

Les médias ont d'ores et déjà présenté la liste des futurs ministres: la Défense devrait revenir à Moshé Yaalon, ancien chef d'état-major, considéré comme un faucon du Likoud.

Benjamin Netanyahu pourrait prendre à titre provisoire le portefeuille des Affaires étrangères, en attendant la fin du procès pour fraude et abus de confiance d'Avigdor Lieberman, à qui ce poste a été promis.

Pour le commentateur politique Hanan Crystal, le Premier ministre s'est assuré le "contrôle total" des négociations avec les Palestiniens ainsi que du dossier iranien.

Tzipi Livni "n'aura pas son mot à dire sur les négociations avec les Palestiniens. Le titre qu'elle a obtenu est purement symbolique et uniquement destiné à faire croire qu'elle n'a pas trahi ses promesses électorales", a-t-il expliqué.


AFP