Iran: au moins 29 morts dans l'attentat contre le défilé militaire

 Le groupe Etat islamique a revendiqué samedi l'attaque menée contre un défilé militaire dans le sud-ouest de l'Iran qui a fait au moins 29 morts, selon Amaq, l'organe de propagande de l'organisation.

"Des combattants de l'Etat islamique ont attaqué un rassemblement des forces iraniennes dans la ville de Ahvaz", selon Amaq.

A noter qu'il n'est pas rare que l'organisation terroriste revendique a posteriori des attaques qu'elle n'a pas commanditées. Plus tôt dans la journée, c'est un groupe local, la branche Al-Ahvaz du "Mouvement arabe pour la Liberté" qui avait revendiqué l'attentat contre le défilé militaire.

Lors de la commémoration

Cet attentat a eu lieu alors que le pays marque la Journée nationale des forces armées iraniennes qui commémore chaque 22 septembre le déclenchement, par Bagdad, de la guerre Iran-Irak (1980-1988).

L'attaque, qui a eu lieu vers 9h selon l'agence semi-officielle Isna, a été menée à Ahvaz, la capitale de la province du Khouzestan, peuplée majoritairement d'Arabes.

Le précédent bilan annonçait 11 victimes, dont huit ou neuf militaires, et une vingtaine de blessés. "Les blessés sont dans un état critique", rapporte Isna en citant le vice-gouverneur de la province du Khouzestan, Ali-Hossein Hosseinzadeh.

Imputé à un groupe séparatiste

"Les terroristes étaient quatre. Deux ont été tués, et les deux autres arrêtés", selon M. Hosseinzadeh, qui n'a pas précisé si les militaires tués étaient membres de l'armée ou des Gardiens de la Révolution, l'armée idéologique de la République islamique. Plusieurs médias iraniens indiquent que les assaillants étaient vêtus de treillis militaires.

Plus tôt, l'agence officielle Irna avait aussi parlé de "plusieurs civils" tués, "sans que l'on sache leur nombre exact".

"Ceux qui ont ouvert le feu sur les gens et les forces armées sont liés au mouvement al-Ahvazieh", a déclaré Ramezan Sharif, porte-parole des Gardiens de la Révolution cité par Isna.

"Ils sont nourris par l’Arabie saoudite, et ils ont essayé de faire de l'ombre à la puissance des forces armées" iraniennes, a-t-il ajouté.

L'attentat a eu lieu alors que l'Iran marque la Journée nationale des forces armées, qui commémore chaque 22 septembre le déclenchement de la guerre Iran-Irak et la résistance de la "défense sacrée" iranienne lors de cette "guerre imposée", selon la phraséologie officielle.

Le Khouzestan a été une des régions iraniennes les plus touchées par les combats pendant la guerre Iran-Irak. Saddam Hussein escomptait que ses soldats y seraient accueillis en libérateurs par la population arabe, mais celle-ci se montra dans l'ensemble fidèle à l'Iran.

Nous connaissons désormais la valeur de nos missiles

Le 20 juillet 2018, au moins dix membres des Gardiens de la révolution ont été tués dans une attaque menée par des insurgés contre l'une de leurs bases dans le village de Dari, situé dans le district de Marivan, dans le nord-ouest du Kurdistan iranien.

Le 7 juin 2017, des hommes armés et des kamikazes avaient attaqué le Parlement et le mausolée de l'imam Khomeiny à Téhéran, faisant 17 morts et des dizaines de blessés, les premières attaques revendiquées par le groupe Etat islamique (EI) en Iran.

Les Gardiens de la Révolution avaient alors dénoncé l'"implication" de l'Arabie saoudite et des Etats-Unis dans les attentats.

L'Iran est régulièrement accusé par l'Arabie saoudite et son allié américain de vouloir destabiliser la région. Et Washington menace régulièrement de s'en prendre à Téhéran.

Dans un discours à Téhéran, le président iranien Hassan Rohani a déclaré ce samedi, peu avant l'attentat, que son pays augmenterait "jour après jour" ses "capacités défensives", faisant référence aux missiles que développe son pays et qui inquiètent les Occidentaux.

"Nous ne réduirons jamais nos capacités défensives [...] nous les augmenterons jour après jour", a déclaré M. Rohani en présidant un défilé militaire à Téhéran. "Le fait que vous soyez en colère contre nos missiles montre que ce sont nos armes les plus efficaces", a-t-il ajouté, "grâce à ce que vous avez dit, nous connaissons désormais la valeur de nos missiles".

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