Iran-USA : allons-nous vers une troisième Guerre mondiale ?

Allons-nous vers une 3e guerre mondiale ? Une chose semble en tout cas certaine : tous les plus hauts dignitaires du régime iranien ont fait une promesse, celle de venger la mort du général Qassem Soleimani.

Il n’y a aucun doute sur le fait que la grande nation d’Iran et les autres nations libres de la région prendront leur revanche sur l’Amérique criminelle pour cet horrible meurtre – Hassan Rohani le président iranien.

Cette disparition rassemble tous les politiques iraniens, des plus radicaux et conservateurs aux plus ouverts et réformateurs. Dans un message, le guide suprême de la révolution Ali Khamenei évoque "une vengeance féroce qui attend les assassins qui ont couvert leurs vilaines mains de son sang et de celui des autres martyrs de l’événement d’hier soir."

L’Iran ne restera pas sans réaction, c’est une question de principe et surtout de fierté nationale. Mais il y a une question importante, celle du rapport de force militaire. Il est vraiment disproportionné en faveur des Américains. Pas de guerre traditionnelle, armée contre armée, envisageable. Mais vue l’implantation de l’Iran dans la région, les Iraniens sont en capacité de toucher des intérêts américains ou des alliés des Américains.

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Hassan Rohani, président de la République d’Iran © AFP

Quelles cibles potentielles ?

Côté cible, l’Iran n’a que l’embarras du choix : l’Irak va devenir le premier champ de bataille. En Irak, les militaires américains sont 5000 présents sur place et le leader chiite Moqtada Sadr a donné ce vendredi l’ordre à ses combattants de l’armée du Mehdi de se "tenir prêts". Il réactive ainsi une milice officiellement dissoute depuis environ une décennie et qui avait semé la terreur dans les rangs des soldats américains en Irak. Sont également des cibles potentielles les ambassades américaines présentes dans la région.

Des pays proches des USA seraient accessibles pour d’éventuelles attaques : l’Arabie saoudite qui a déjà subi sur son sol des attaques des chiites du Yémen en représailles à la guerre menée là-bas par le royaume Saoudien et ses alliés. Et puis il y a Israël avec au nord le Hezbollah pro-iranien, à l’est la Syrie du chiite Bachar El-Assad et au sud le Hamas à Gaza.

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En réaction, drapeaux des USA et d’Israël incendiés © AFP – ARIF ALI

Le pétrole du détroit d’Ormuz

L’Iran a été accusé à plusieurs reprises en 2019 d’avoir miné des pétroliers au large de l’Arabie saoudite et des Émirats arabes unis, puis d’avoir attaqué ou saisi d’autres navires près du détroit d’Ormuz, un passage d’importance cruciale. Il est aussi soupçonné d’être à l’origine d’une spectaculaire attaque contre les installations pétrolières saoudiennes d’Abqaik et de Khurais, qui ont eu un énorme impact. S’attaquer à l’approvisionnement en pétrole pourrait être une option retenue par l’Iran.

Des attaques sur les sols américains sont-elles envisageables ?

Par le passé, l’Iran a pu en Occident commettre des actes qui lui ont été imputés. Exemple en 1986 en France, avec une bombe devant un magasin Tati. L’Iran est accusé d’entretenir des réseaux capables de ces types de geste à travers le monde et Donald Trump a pris le risque de voir ces réseaux activés. Pari énorme pour Donald Trump. Si le président de la première puissance mondiale a souvent recours à une rhétorique guerrière, il avait jusqu’ici fait preuve de beaucoup de retenue au moment de passer à l’offensive, comme lors de l’annulation à la dernière minute de frappes aériennes contre la République islamique en juin 2019.

Trois ans après son arrivée au pouvoir, l’ancien homme d’affaires va, de fait, devoir gérer sa première crise majeure de politique étrangère, sur fond d’un procès en destitution au Sénat et d’une campagne électorale qui s’annonce très agressive. D’ailleurs côté américain le ton a changé. Le chef de la diplomatie Mike Pompeo a affirmé que les Etats-Unis souhaitaient la "désescalade" après la mort du général iranien.

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Mike Pompeo, chef de la diplomatie Américaine © AFP – NICHOLAS KAMM
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