Iran: nouvelle condamnation pour une militante des droits humains

La militante des droits humains et journaliste iranienne Narges Mohammadi, libérée de prison en octobre, a de nouveau été condamnée, à 80 coups de fouet et 30 mois de détention, a indiqué jeudi son avocat à l'AFP.

Narges Mohammadi, 49 ans, était porte-parole du Centre des défenseurs des droits de l'Homme en Iran (fondé par l'avocate Shirin Ebadi, lauréate du prix Nobel de la paix en 2003) lors de son arrestation et de son incarcération en mai 2015.

Connue pour son combat en faveur de l'abolition de la peine de mort en Iran, elle avait été libérée en octobre après une réduction de sa peine initiale de 10 ans d'incarcération pour avoir, entre autres, "créé et dirigé un groupe illégal".

Mardi, le quotidien réformateur Etemad a rapporté que Narges Mohammadi avait fait l'objet d'une nouvelle condamnation, "à 80 coups de fouet, 30 mois de prison et deux amendes", pour "propagande contre le système" politique de la République islamique d'Iran, "diffamation" et "rébellion contre l'autorité pénitentiaire".

Selon le journal, il lui est reproché d'avoir "publié un communiqué contre la peine de mort", d'avoir porté des accusations infondées de "torture et de harcèlement" et d'avoir organisé un sit-in de protestation pendant sa détention à la prison d'Evine à Téhéran.  

Joint par l'AFP, son avocat, Me Mahmoud Behzadi-Rad, a confirmé ces informations. Narges Mohammadi ne compte pas faire appel compte tenu des "circonstances", a-t-il indiqué, sans plus de précisions. 

Selon l'organisation internationale de défense de la presse Reporters sans frontières (RSF), la journaliste avait été transférée "de force" de la prison d'Evine au pénitencier de Zanjan (Nord-Ouest de l'Iran).

La journaliste avait "porté plainte contre son transfert immoral et illégal, mais une interdiction de poursuite a été émise pour cette affaire", a expliqué son avocat.

Selon Etemad, la militante a déclaré avoir "été battue et harcelée" dans la prison d'Evine.

Mais "au lieu d'examiner sa plainte, la justice a ouvert un autre dossier contre ma cliente", a déploré Me Behzadi-Rad.

A Bruxelles, le service diplomatique de l'Union européenne a qualifié de "fait nouveau préoccupant" la condamnation de Narges Mohammadi et a exhorté l'Iran à "réexaminer" son cas "en respectant les règles du droit international humanitaire en vigueur et en tenant compte de la dégradation de son état de santé".

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