Iran: Bouchehr, première installation nucléaire officielle

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Les opérations de chargement du combustible dans le réacteur de la première centrale nucléaire iranienne à Bouchehr (sud) ont commencé samedi matin, a annoncé l'Organisation iranienne de l'énergie atomique (OIEA) dans un communiqué.

"L'opération de transfert du combustible nucléaire vers le réacteur a été réalisée le 21 août en présence du vice-président Ali Akbar Salehi, chef de l'OIEA, et de Sergueï Kirienko", chef de l'agence nucléaire russe Rosatom qui a dirigé la construction de la centrale, a indiqué le communiqué.

Cette opération, première étape du chargement du réacteur, fait désormais officiellement de la centrale de Bouchehr une installation nucléaire.

"Aujourd'hui est un grand jour, qui marque la lancement physique de la centrale de Bouchehr", a déclaré M. Kirienko cité par l'agence Fars.

M. Salehi a salué de son côté "ce jour mémorable", remerciant la Russie pour avoir "accompagné la nation iranienne" dans la construction de la centrale.

Le chargement des 163 barres de combustible dans le coeur du réacteur, sous la supervision de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), devrait prendre environ deux semaines, pour s'achever vers le 5 septembre.

"Une arête en travers de la gorge"

Il faudra ensuite environ deux mois pour que le réacteur atteigne 50% de sa puissance et que la centrale de 1000 megawatts (MW) puisse être raccordée au réseau électrique fin octobre ou début novembre, selon le porte-parole de l'OIEA Ali Shirzadian.

Cette accession officielle de l'Iran à l'énergie atomique intervient alors que la République islamique est sous le coup de six résolutions du Conseil de sécurité de l'ONU, dont quatre assorties de sanctions, pour son programme nucléaire soupçonné de dissimuler des objectifs militaires.

Le lancement de la centrale de Bouchehr constitue un succès technologique et politique pour l'Iran, et "une arête en travers de la gorge de ses ennemis", a souligné M. Salehi à la veille de l'opération.

Contrôle conjoint russo-iranien

Il intervient 35 ans après le début des travaux, entamés par l'Allemagne à l'époque du Shah avant d'être interrompus par la révolution islamique de 1979 et la guerre contre l'Irak, puis d'être repris par la Russie en 1995.

Pour obtenir de l'ONU que Bouchehr échappe à l'embargo international contre tout transfert d'équipements ou technologies nucléaires vers l'Iran, la Russie s'est engagée à fournir le combustible nécessaire à son fonctionnement et à le récupérer après usage pour réduire les risques de dissémination du plutonium contenu dans les déchets.

La centrale va par ailleurs demeurer plusieurs années sous le contrôle conjoint de techniciens russes et iraniens.

Bouchehr "est totalement protégée de tout risque de prolifération", a affirmé le ministre russe des Affaires étrangères Serguei Lavrov. Le vice-ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Riabkov a affirmé pour sa part vendredi que la centrale de Bouchehr serait utilisée uniquement à des fins civiles et cela est "garanti à 100%".

Les besoins futurs de la centrale en combustible ont toutefois à nouveau été évoqués vendredi par M. Salehi pour justifier la poursuite de l'enrichissement d'uranium par l'Iran, une activité qui inquiète particulièrement les Occidentaux et dont le Conseil de sécurité de l'ONU réclame en vain la suspension.

"L'enrichissement (d'uranium) pour produire du combustible pour la centrale de Bouchehr et d'autres installations continuera", a-t-il dit à l'agence officielle Irna.


AFP

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