Irak: quatre députés démissionnent en solidarité avec les manifestants

Raëd Fahmi, du parti communiste irakien
Raëd Fahmi, du parti communiste irakien - © AHMAD AL-RUBAYE - AFP

Quatre députés irakiens ont annoncé dimanche avoir démissionné pour se désolidariser d’une classe politique qu’ils accusent d’avoir "échoué" à répondre aux revendications d’un mouvement de contestation inédit. Ces protestations ont été marquées par la mort de 200 manifestants en un mois.

Les deux élus communistes du Parlement, qui siégeaient au sein d’une alliance avec le turbulent leader chiite Moqtada Sadr, ont démissionné "en raison des manifestations et de la façon dont elles ont été réprimées", a indiqué l’un d’eux, Raëd Fahmi, à l’AFP. Sa co-listière Haïfa al-Amine, a également renoncé à son siège et réclamé la démission du gouvernement et des élections anticipées dans un communiqué. "En 27 jours, le Parlement n’a rien apporté : il n’a pas pu interroger le Premier ministre ni le ministre de l’Intérieur", alors que depuis le 1er octobre l’Irak est entré dans une crise sociale et politique meurtrière, accuse-t-il encore.

Deux autres députés, Taha al-Difaï et Muzahem al-Tamimi, de la liste de l’ex-Premier ministre Haider al-Abadi désormais dans l’opposition, ont également annoncé leur démission. Le premier a estimé dans sa lettre de démission rendue publique que le système politique mis en place en 2003 après la chute du dictateur Saddam Hussein avait montré son "échec retentissant" alors que, de source officielle, la corruption a englouti au cours de cette période 410 milliards d’euros de fonds publics.

A ses débuts, la contestation réclamait des emplois et des services publics fonctionnels avant d’exiger la "chute du régime", une nouvelle Constitution et une classe politique entièrement renouvelée. Paralysé par ses divisions, le Parlement, lui, n’est pas parvenu à se réunir pour voter des réformes proposées par son chef Mohammed al-Halboussi et le Premier ministre Adel Abdel Mahdi.

La cinquantaine de députés de Moqtada Sadr y ont entamé un sit-in samedi soir, qu’ils promettent de ne lever qu’une fois les revendications des manifestants "satisfaites".

Heurts entre forces de l'ordre et manifestants à Bagdad, ce 27 octobre:

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