L'armée américaine annonce "par erreur" son retrait d'Irak: que s'est-il passé ?

Après la mort du général iranien Qassem Soleimani, tué par des frappes américaines la semaine dernière, la situation est très tendue au Moyen-Orient. Dans ce contexte, chaque mot et chaque silence pèse lourd. Et pourtant, l’armée américaine a envoyé par erreur une lettre expliquant que les soldats américains se préparaient à quitter l’Irak.

Il est 21h23, heure belge ce lundi, lorsque l’agence de presse britannique Reuters publie une dépêche évoquant une lettre officielle datant de ce lundi, signée par le commandant des opérations militaires américaines en Irak. Cette lettre explique que les Etats-Unis respectent "la décision irakienne d’ordonner le départ de leurs troupes" et qu’un "repositionnement des forces aura lieu dans les prochains jours et prochaines semaines"

Reuters expliquait alors avoir confirmation de l’authenticité de cette lettre par une source militaire irakienne. Dimanche, le parlement irakien avait d’ailleurs demandé le départ des troupes américaines. Ce vote avait provoqué la colère de Donald Trump qui avait ensuite menacé Bagdad de sanctions majeures.


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Une heure plus tard, vers 22h20 le ministre américain de la Défense s’exprime devant la presse : "En ce qui concerne cette lettre que j’ai lue une fois, je ne peux pas commenter la véracité de cette lettre, et je peux vous dire ce que j’ai lu, cette lettre ne correspond pas à notre état d’esprit actuel."

Quelque 5200 soldats américains se trouvent en ce moment en Irak et un départ de ces troupes n’est donc pas à l’ordre du jour. Mais cette lettre est bien authentique. Elle a en fait été envoyée par erreur explique l’armée américaine. Il s’agissait en fait d’un projet de lettre destinée aux autorités irakiennes pour annoncer des mouvements de troupes. Une lettre mal rédigée, si l’on en croit le Pentagone. Et un couac qui a suscité la stupéfaction outre-Atlantique.

Escalade des tensions

Après le vote du Parlement irakien dimanche, le président américain Donald Trump avait menacé d’imposer des sanctions "très fortes" à l’Irak. Sur le front diplomatique, les appels à la désescalade se multiplient tandis que s’envenime l’affrontement verbal entre Washington et Téhéran. Samedi, le président américain Donald Trump a menacé de viser 52 cibles iraniennes, dont des sites culturels. Son homologue iranien Hassan Rohani l’a sommé ce lundi de ne "jamais menacer la nation iranienne", après avoir promis dès vendredi une "riposte militaire" et une "dure vengeance", "au bon endroit et au bon moment".

L’Otan, après une réunion extraordinaire, a appelé Téhéran à éviter "davantage de violence et de provocations" tandis que la France a estimé que l’Iran devait "renoncer à des représailles" contre Washington. Les chefs de la diplomatie de l’UE doivent tenir ce vendredi une réunion sur la crise entre les deux ennemis, appelés par la présidente de la Commission européenne à suivre "la voie de la pondération".

Et l’Iran a annoncé dimanche une nouvelle réduction de ses engagements contenus dans l’accord international conclu en 2015 pour garantir la nature purement civile des activités nucléaires iraniennes, un pacte désormais presque vidé de sa substance. Pour les observateurs, l’Iran reste "très prudent" en évitant de dénoncer frontalement le texte, ce qui laisse une ultime marge de manœuvre pour tenter de le sauver. La crise entre Washington et Téhéran a dopé les cours du pétrole et fait trembler les Bourses mondiales. L’or, traditionnelle valeur refuge, est monté à des niveaux jamais vus depuis 2013.

Journal télévisé (13 heures) du 04/01/2020

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