Irak: l'armée a repris Baïji et brisé le siège de la plus grande raffinerie

Des soldats irakiens sur la base aérienne Al-Asad, dans la province d'Anbar, le 11 novembre 2014
Des soldats irakiens sur la base aérienne Al-Asad, dans la province d'Anbar, le 11 novembre 2014 - © Ahmad al-Rubaye

Les forces gouvernementales irakiennes ont brisé samedi le siège de la principale raffinerie de pétrole du pays, assiégée depuis plusieurs mois par les djihadistes du groupe terroriste État islamique (EI), ont annoncé des responsables.

"Les forces irakiennes (...) ont atteint l'entrée de la raffinerie", a déclaré samedi à l'AFP le gouverneur de la province de Salaheddine, Raad al-Joubouri. Trois officiers ont confirmé que les forces irakiennes avaient atteint la raffinerie qui autrefois produisait 300 000 barils par jour, fournissant 50% de la demande locale.

La raffinerie était assiégée depuis plusieurs mois et a été la cible d'attaques répétées des djihadistes, qui avaient réussi à pénétrer le gigantesque complexe dans lequel elle se trouve sans cependant pouvoir prendre le contrôle de la raffinerie.

Cette nouvelle avancée importante des forces gouvernementales survient au lendemain d'une autre victoire significative de ces forces qui ont repris la localité stratégique de Baïji, à 10 km de la raffinerie, dans le nord de l'Irak.

L'offensive des jihadistes sur Baïji a affecté la production de pétrole dans le nord irakien, mais les importants champs pétroliers et terminaux d'exportation du sud de l'Irak n'ont pas été touchés.

Dans la capitale, où les attentats revendiqués par l'EI sont fréquents, au moins 17 personnes ont péri dans deux attaques à la voiture piégée dont les auteurs n'ont pas été identifiés.

Kerry cite Baïji en exemple

La prise de Baïji est l'un des rares succès des troupes irakiennes qui n'avaient pas été en mesure de résister aux jihadistes au début de leur offensive, en juin, avec de nombreux soldats et policiers abandonnant leurs positions.

Mais elles ont ensuite tenté de regagner du terrain après la désignation d'un nouveau Premier ministre, Haïdar al-Abadi, et la formation d'un gouvernement regroupant toutes les communautés.

Le soutien aérien des États-Unis a été crucial dans la reprise de certaines zones, de même que l'aide des combattants chiites et kurdes et des tribus sunnites. Au cours des 72 dernières heures, la coalition a ainsi frappé le secteur de Baïji à trois reprises, a affirmé le commandement américain chargé de la région (Centcom).

Vendredi, des chasseurs Rafale de l'armée de l'air française ont bombardé trois fois des positions de l'EI près de Kirkouk, dans le nord, a annoncé le ministère de la Défense sur son site internet.

Parmi les principales reconquêtes depuis août figurent le barrage de Mossoul (nord), le plus grand du pays, plusieurs villes au nord de Bagdad, dont Amerli, Souleimane Bek et une grande partie de Dhoulouiya, ainsi que Jourf al-Sakhr, au sud de Bagdad.

En visite jeudi en Jordanie, le secrétaire d'Etat américain John Kerry avait cité l'exemple de Baïji dans la guerre contre l'EI.

Le même jour, l'EI avait diffusé un enregistrement sonore attribué à son chef, Abou Bakr al-Baghdadi, dans lequel ce dernier avertit que les frappes de la coalition ne stopperaient pas l'expansion de son groupe.

Cet enregistrement a été diffusé après des rumeurs sur sa mort dans un raid de la coalition.

Crimes contre l'Humanité

L'EI est également impliqué dans le très complexe conflit syrien, où il affronte à la fois les rebelles et les forces du régime.

A ce propos, le patron du renseignement américain James Clapper a estimé que l'EI et Al-Qaïda n'unissent pas leurs forces en Syrie, mais qu'ils ont "occasionnellement" collaboré, selon l'extrait d'un entretien qui sera diffusé dimanche.

Dans la ville kurde de Kobané (nord), que les jihadistes tentent de conquérir depuis deux mois face à une résistance farouche des forces kurdes, l'EI a été frappé à 17 reprises ces dernières 72 heures par des raids de la coalition internationale, selon le Centcom.

Alors que ce groupe s'est rendu responsable d'atrocités en Syrie comme en Irak, la Commission d'enquête de l'ONU sur les crimes en Syrie a accusé vendredi le groupe jihadiste de crimes contre l'Humanité et de crimes de guerre à grande échelle.

Dans son premier rapport détaillé, elle établit une longue liste de crimes, documentés par quelque 300 témoignages, avec des massacres de masse contre des groupes ethniques et religieux, des décapitations, de l'esclavage sexuel et des grossesses forcées.

Dans la province de Deir Ezzor (est), l'EI a décapité un de ses dirigeants, accusé de vol, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme.

AFP et Belga

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