Irak: en tête, le populiste Moqtada Sadr tend la main pour une coalition

Un Irakien brandit le portrait du chef nationaliste chiite Moqtada Sadr, un des vainqueurs des législatives du week end en Irak, le 14 mai 2018 à Bagdad
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Un Irakien brandit le portrait du chef nationaliste chiite Moqtada Sadr, un des vainqueurs des législatives du week end en Irak, le 14 mai 2018 à Bagdad - © AHMAD AL-RUBAYE

Les Irakiens ont créé la surprise lundi en plaçant en tête des législatives le chef nationaliste chiite Moqtada Sadr, qui a aussitôt proposé aux principaux partis de former une coalition gouvernementale.

Selon des résultats quasiment définitifs du scrutin de samedi, le Premier ministre Haider al-Abadi, pourtant crédité d'un large soutien international et de la récente victoire face aux jihadistes, est largement distancé.

Comme le système est calibré pour empêcher toute domination d'un parti, la Constitution stipule qu'il revient au chef de la liste ayant obtenu le plus grand nombre de siège de former le gouvernement. Moqtada Sadr qui n'a jamais concouru dans un scrutin devra choisir celui-ci.

Dans un message en forme de jeu de mots sur twitter, le leader populiste, a tendu la main aux principales forces politiques, à deux exceptions près: la liste constituée par d'anciens chefs du Hachd al-Chaabi, des supplétifs de l'armée proches de l'Iran, qui arrive en seconde position et l'ancien Premier ministre Nouri al-Maliki, avec lesquels il a un lourd contentieux.

Rhétorique hostile aux Etats-Unis 

Les deux vainqueurs du scrutin ont adopté dans le passé une rhétorique hostile aux États-Unis, allant même jusqu'à les affronter militairement, avant de faire front commun avec eux pour bouter le groupe Etat islamique (EI) hors du pays.

Cependant ils divergent sur les relations avec le puissant voisin iranien. Moqtada Sadr, issu d'une lignée de dignitaires religieux, est farouchement attaché l’indépendance politique de l'Irak et s'est même rapproché de l’ennemi juré de Téhéran l'Arabie saoudite.

A l'inverse, la tête de liste du Hachd, Hadi al-Ameri et plusieurs autres candidats sont alignés sur la politique iranienne.

Ces scores interviennent au moment même où les Etats-Unis et l'Iran sont à couteaux tirés après le retrait par le président américain Donald Trump de l'accord sur le nucléaire iranien.

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