Investiture de Joe Biden : le nouveau président américain a prêté serment et se pose en rassembleur

Investiture de Joe Biden : le nouveau président américain a prêté serment et se pose en rassembleur
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Investiture de Joe Biden : le nouveau président américain a prêté serment et se pose en rassembleur - © JIM WATSON - AFP

Le 46e président des Etats-Unis a prêté serment ce mercredi : Joe Biden succède à Donald Trump prenant la tête d’un pays traversé par des crises profondes au terme du mandat de Donald Trump qui aura déchiré les Américains et bousculé le monde. Une prestation de serment, sans public en raison de la pandémie, sans Donald Trump et sous haute surveillance par crainte d’une répétition des violences d’il y a deux semaines.

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Soldat inconnu

Joe Biden, accompagné de la vice-présidente Kamala Harris, s’est recueilli mercredi sur la tombe du soldat inconnu au cimetière national d’Arlington, près de Washington, avec trois de ses prédécesseurs.

Les démocrates Bill Clinton et Barack Obama, tout comme le républicain George W. Bush, qui ont assisté à sa prestation de serment un peu plus tôt, l’encadraient pour cette dernière étape avant son entrée à la Maison Blanche.

Covid, climat, migration : Biden se met au travail

Dès son entrée à la Maison blanche, le président Biden a annoncé qu’il prenait une série de mesures pour revenir sur les politiques de Donald Trump comme le retour des États-Unis dans l’accord de Paris sur le climat et au sein de l’Organisation mondiale de la Santé. Il doit selon toute vraisemblance bloquer la construction d’un oléoduc, au risque de froisser ses relations avec le Canada. Pour cela, Joe Biden prévoit de réunir les dirigeants des nations les plus polluantes pour un sommet où il entend convaincre ces pays de revoir à la hausse leurs engagements.

Autre rupture dans l’agenda : Joe Biden va annuler le décret migratoire de Trump qui cible des pays musulmans. Concrètement : des ressortissants syriens ou iraniens pourront à nouveau entrer sur le territoire américain. Et la construction du mur dont Donald Trump rêvait à la frontière avec le Mexique sera stoppée.

Face à la pandémie mondiale, Joe Biden s’est fixé 100 jours pour injecter 100 millions de doses du vaccin aux Américains. Le port du masque sera dorénavant obligatoire dans les administrations. Le président veut très clairement reprendre le contrôle. Et pour résoudre la crise économique aussi, le nouveau président a pris de l’avance. Il a présenté un plan de relance de 1900 milliards de dollars, de l’argent qui ira aux ménages américains aux petites entreprises et municipalités les plus touchées par la crise.

Avant de quitter la Maison Blanche, Donald Trump a gracié 73 personnes. Une tradition qui remonte à George Washington. Son ancien conseiller Steve Bannon en a profité. Il avait détourné de l’argent destiné au fameux mur à la frontière mexicaine. Parmi les bénéficiaires, deux rappeurs, inculpés l’un de port d’armes, l’autre d’extorsion de fonds. Le président sortant a finalement renoncé à se gracier lui-même.

"Il n’y a pas de temps à perdre lorsqu’il s’agit de s’attaquer aux crises auxquelles nous sommes confrontés. C’est pourquoi je me dirige aujourd’hui vers le Bureau ovale pour me mettre au travail afin d’offrir aux familles américaines une action concrète et un soulagement immédiat". C’est par ce message que le président des Etats-Unis Joe Biden a inauguré son compte officiel sur Twitter, @Potus, peu après son investiture.

Un nouvel ami de l’Europe

Les dirigeants européens, dont le Premier ministre belge Alexander De Croo, ont adressé leurs félicitations au nouveau président américain. "La Belgique aspire à coopérer avec la nouvelle administration américaine et à renforcer l’alliance transatlantique. Nous avons de nombreux intérêts communs ; mieux servis si défendus conjointement", a déclaré Alexander De Croo.

L’Europe "a de nouveau un ami à la Maison Blanche", s’est réjouie la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen qui ambitionne de "construire ensemble un pacte fondateur nouveau".

Le Premier ministre britannique Boris Johnson salue "un pas en avant" pour les États-Unis qui "ont traversé une période chaotique". Félicitant les nouveaux dirigeants, Johnson a déclaré que c’était un "grand moment" pour le Royaume-Uni et les États-Unis qui ont un "programme commun".

Le président allemand Frank-Walter Steinmeier a réagi avec soulagement et déclaré que c’était une bonne journée pour la démocratie. Le Premier ministre irlandais Micheál Martin a quant à lui affirmé sur Twitter qu’un "véritable ami de l’Irlande" était devenu le 46e président des États-Unis.

Le président iranien Hassan Rohani s’est réjoui, lui, de la "fin" de l’ère du "tyran" Donald Trump.

La courtoisie des vice-présidents

La vice-présidente des Etats-Unis Kamala Harris et son époux Doug Emhoff ont pris la peine de raccompagner Mike Pence et sa femme jusqu’à leur voiture, après la cérémonie d’investiture du président Joe Biden. Une image qui contraste fortement avec l’attitude de Donald Trump, qui a lui refusé d’assister à la cérémonie et quitté Washington dans la matinée.

Un appel à l’unité et à la tolérance

"C’est le jour de l’Amérique. C’est le jour de la démocratie, un jour d’histoire et d’espoir. Ce n’est pas le triomphe d’un candidat, c’est le triomphe d’une cause. La volonté du peuple a été entendue. La démocratie est précieuse et fragile, mais elle l’a emporté", a salué Joe Biden dans son premier discours comme président rappelant les violences intervenues une quinzaine de jours plus tôt au même endroit.

Une Amérique unie, c’est un appel à l’unité dans la différence, comme l’a fait pendant toute la campagne électorale le candidat Biden. "Peu de personnes dans l’histoire ont fait face à tant de défis", a prédit le président, évoquant l’emploi, la justice raciale et la crise sanitaire.

Le président américain Joe Biden a promis mercredi de "vaincre" le "suprémacisme blanc" et le "terrorisme intérieur", deux semaines après les violences au Capitole. "Je serai le président de tous les Américains, de ceux qui m’ont soutenu comme de ceux qui ne l’ont pas fait", a-t-il déclaré à l’issue de sa prestation de serment.

Joe Biden a promis d’être le président de tous les Américains. "Nous pouvons y arriver si nous ouvrons nos cœurs, si nous faisons preuve de tolérance, si nous nous mettons à la place des autres".

Nous aurons besoin les uns des autres

"Je remercie mes prédécesseurs des deux partis qui sont ici aujourd’hui", a déclaré le nouveau président. Les anciens présidents Clinton, Bush et Obama assistent à la cérémonie. Biden précise qu’il a parlé au président Jimmy Carter – qui a 96 ans – par téléphone et le salue pour sa vie de service. Dans son discours, jamais Joe Biden n’a cité le nom de Donald Trump. A propos de l’absence de celui-ci à la cérémonie, Joe Biden avait dit : "C’est bien la première fois que nous sommes d’accord".

Joe Biden a fait référence, toujours sans le nommer, aux errements de son prédécesseur. Il a dénoncé les mensonges proférés uniquement pour manipuler et faire du profit. "Tous les désaccords ne doivent pas mener à la guerre totale. Et nous devons rejeter la culture où les faits eux-mêmes sont manipulés, et même inventés. Chacun d’entre nous a le devoir et la responsabilité en tant que citoyens, qu’Américains, et particulièrement en tant que dirigeants […] de défendre la vérité et de combattre les mensonges."

Enfin, sur le plan international, le nouveau locataire de la Maison Blanche a assuré qu’il comptait "réparer (les) alliances, s’engager à nouveau avec le monde". "Pas pour relever les défis passés, mais pour relever ceux d’aujourd’hui et de demain."

Concluant un discours émaillé de citations notamment bibliques, Joe Biden a demandé de prier en silence pour les victimes du Covid-19, "qui a fait plus de morts américains que la Seconde Guerre mondiale". Le président a mis en garde contre l’arrivée de la phase "la plus mortelle" de la pandémie.

Le président et Kamala Harris ont prêté serment

Joe Biden a prêté serment comme prévu vers 17h48 HB sur les marches du Capitole, devant le président de la Cour suprême, John Roberts, main gauche sur un exemplaire de la Bible que sa famille, catholique, possède depuis plus d’un siècle.

"Moi Joseph Robinette Biden Jr, je jure solennellement que j’accomplirai loyalement les fonctions de président des Etats-Unis et que je ferai de mon mieux pour préserver, protéger et défendre la Constitution des Etats-Unis", a-t-il déclaré, selon la formule consacrée, la main posée sur la Bible familiale.

"Un jour nouveau se lève sur l’Amérique", avait tweeté peu avant celui qui est devenu à 78 ans le président le plus âgé au début de son mandat.

La vice-présidente élue Kamala Harris, fille d’immigrants jamaïcain et indien, a prêté serment quelques minutes auparavant devant Sonia Sotomayor, la première magistrate d’origine hispanique de la Cour suprême. Un moment fort qui souligne la diversité des Etats-Unis d’aujourd’hui.

Des prières et des invités de marque dont Barack Obama et Lady Gaga

Le nouveau président Joe Biden est arrivé sur l’esplanade du Capitole sous les applaudissements, accompagné par sa vice-présidente Kamala Harris. Le vice-président Mike Pence assiste à cette investiture, une présence notable alors que son patron Donald Trump a quitté Washington DC pour la Floride.

Joe Biden, costume sombre et cravate bleu ciel, masqué à son arrivée comme tous les invités, a échangé un salut poing contre poing avec Barack Obama, dont il fut le vice-président.

La cérémonie a commencé par l’hymne américain chanté par Lady Gaga, une amie personnelle du président, et des prières lues par le révérend père Leo Jeremiah O’Donovan IIIJennifer Lopez a chanté "This land is your land" ("Ce pays est ton pays"). La poétesse Amanda Gorman a récité un poème, retour à une ancienne tradition démocrate.

Le bâtiment de la Cour Suprême à Washington, situé à proximité du Capitole, a été évacué à la suite d’une alerte à la bombe, rapportent CNN et NBC.

Joe Biden assiste à la messe

Joe Biden et son épouse Jill ont assisté à la messe à la cathédrale St. Matthew the Apostle à Washington DC en compagnie des dirigeants du Sénat Mitch McConnell et la présidente de la Chambre Nancy Pelosi. Joe Biden n’est que le deuxième président catholique romain de l’histoire des États-Unis, après John F. Kennedy. La cathédrale a accueilli la messe funéraire de Kennedy après son assassinat en novembre 1963.

Trump quitte la Maison Blanche mais promet de revenir

Le président américain Donald Trump a quitté la Maison Blanche ce mercredi matin à quelques heures de la fin de son mandat, sans avoir accueilli son successeur Joe Biden, une première. Il lui a toutefois laissé une lettre sur son bureau, une tradition respectée. L’hélicoptère présidentiel Marine One transportant Donald et Melania Trump s’est envolé peu après 8h15 locales, (14h15 heure belge) depuis les jardins de la Maison Blanche.

Prononçant seulement quelques mots, le président sortant a évoqué un mandat "fantastique de quatre ans", représentant "l’honneur d’une vie". Selon Donald Trump, "les gens n’ont "aucune idée à quel point" sa famille a travaillé pendant ses quatre années au pouvoir. "Ce que nous avons fait a été incroyable à tous égards", a-t-il dit, avant de souligner les changements qu’il a apportés à l’armée américaine. Le président a résumé ce qu’il considère comme les plus grandes réalisations de son mandat : "J’espère qu’ils n’augmenteront pas vos impôts, mais s’ils le font, je vous l’avais dit !"

"Nous avons fait quelque chose qui est un miracle médical et c’est le vaccin", évoquant le virus comme une "chose horrible", en parlant une fois encore du "virus chinois" et en rendant hommage aux familles qui ont beaucoup souffert.

"Nous serons de retour d’une manière ou d’une autre", a prédit le président sortant au son du "YMCA" des Village People.

S’il a finalement souhaité bonne chance à son successeur dans un message vidéo, Donald Trump ne l’a jamais félicité.

Une nouvelle période, une nouvelle équipe

Les Américains vivent cette grande journée de fête devant leur écran. La foule, qui se masse habituellement sur le parcours pour saluer le nouveau président américain, a été priée de rester à la maison en raison de l’épidémie de coronavirus et des risques de violence. Environ 25.000 soldats de la Garde nationale – contre seulement 8000 il y a quatre ans – et des milliers de policiers sont déployés dans la capitale américaine, dont le centre est une "zone rouge" interdite au public et entourée de hautes grilles métalliques.

La "zone rouge" entoure un triangle qui va de la colline du Capitole, où le président prêtera serment à la mi-journée, au Lincoln Memorial, de l’autre côté de la grande esplanade du "National Mall" où 450.000 personnes avaient assisté à l’investiture de Barack Obama en 2009. Cette année, plus de 190.000 petits drapeaux plantés dans le sol remplacent le public.

Pour la cérémonie d’investiture, sur les marches du Capitole, la foule a été aussi limitée en raison de la pandémie de Covid-19 toujours hors de contrôle. Au lieu des 200.000 billets attribués aux parlementaires dans leurs circonscriptions, les 535 élus du Congrès n’ont eu droit qu’à un seul invité.

C’est la fin d’une période, de l’ère Trump. C’est un moment de réconciliation aussi, note le professeur de l’ULB Serge Jaumin : "La nouvelle équipe veut trancher". La journée est historique à plus d’un titre puisqu’effectivement c’est la première fois, qu’une femme occupe la vice-présidence de la première puissance mondiale. Kamala Harris est aussi la première personne noire, et d’origine indienne à remplir cette fonction. Elle est mise à l’avant-plan comme vice-présidente susceptible de remplacer le président en cas d’incapacité ou de décès. Ancienne opposante à Joe Biden, elle forme à présent une vraie équipe avec lui.

Programme de l’investiture (en heure belge)

  • 16h47 Arrivée des anciens présidents Clinton, Bush, Obama et leurs conjoints
  • 16h58 Arrivée de la famille de la vice-présidente élue Kamala Harris
  • 16h59 Arrivée du vice-président Mike Pence et Karen Pence
  • 17h03 Arrivée de la famille du président élu Joe Biden
  • 17h04 Arrivée de la vice-présidente élue Kamala Harris et Doug Emhoff
  • 17h07 Arrivée du président élu Joe Biden et Jill Biden
  • 17h16 Début de la prestation de serment
  • 17h17 Mot de bienvenue de la sénatrice Amy Klobuchar
  • 17h22 Discours de Roy Blunt
  • 17h27 Prière du révérend père Leo Jeremiah O’Donovan III
  • 17h29 "Trio National Emblem" par le Marine Band
  • 17h31 Hymne national par Lady Gaga
  • 17h33 Andrea Hall dirige le serment d’allégeance
  • 17h35 Serment de la vice-présidente Kamala Harris
  • 17h36 "Hail Columbia" par Herald Trumpet Fanfare et le Marine Band
  • 17h38 Jennifer Lopez
  • 17h43 Serment présidentiel de Joe Biden
  • 17h48 Discours inaugural
  • 18h08 Amanda Gorman récite un poème
  • 18h15 "Trio National Emblem March" par le Marine Band
  • 18h17 Le Révérend Silvester Beaman prononce la bénédiction
  • 18h20 Départ des officiels
  • 18h28 La vice-présidente Kamala Harris et le second gentleman Doug Emhoff font leurs adieux à l’ancien vice-président Mike Pence et Karen Pence
  • 19h05 Cérémonie de signature dans le bureau présidentiel
  • 19h19 Roy Blunt dévoile le portrait du président
  • 19h35 Joe Biden se rend à l’entrée est et reçoit un briefing
  • 19h40 Revue militaire côté Est du Capitole
  • 20h30 Dépôt d’une gerbe de fleurs au cimetière national d’Arlington
  • Jeudi 2h30 du matin : soirée télévisée animée par Tom Hanks, avec Bon Jovi et Justin Timberlake
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