"Intifada", ça veut dire quoi ?

En arabe, le terme signifie le "soulèvement", la "révolte". Le mot a une portée symbolique au Proche-Orient. Il désigne deux événements qui ont séquencé le conflit israélo-palestinien : la première Intifada de 1987 a été baptisée "l’Intifada des pierres" et la seconde, en 2000 "L’Intifada Al-Aqsa", du nom de la mosquée symbolique au centre de Jérusalem.  Face à la violence actuelle dans la région et les attentats à l'arme blanche, beaucoup estiment qu'a débuté "l'Intifada des couteaux".

A chaque fois, c’est un événement meurtrier qui met le feu aux poudres. Le 6 décembre 1987, un soldat israélien est abattu à Gaza. Deux jours plus tard, un camion israélien emboutit une voiture palestinienne, tuant notamment trois personnes. A la suite de ces événements, les émeutes éclatent à Gaza, elles s’empareront de la Cisjordanie. Un mouvement de protestation populaire, appelé Intifada, gagne l’ensemble de la Palestine. Ce sont principalement de jeunes palestiniens qui s’attaquent à l’armée israélienne. A coup de lance-pierres. Les accords de paix d’Oslo, le 13 septembre 1993, ont mis fin à la première intifada.

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En 1988 une photographie fait le tour du monde. Un petit garçon de 8 ans, Ramzi Aburedwan, lance des pierres contre l’armée de Tsalal. L’homme est depuis devenu un musicien palestinien, activiste de la Paix. © Tous droits réservés

10 ans après le soulèvement, le Journal Télévisé de la RTBF consacrait un reportage sur les jeunes de la première Intifada.

La deuxième Intifada débute sur l’esplanade des mosquées. Un lieu hautement symbolique du conflit entre Palestiniens et Israéliens. C'est sur cette esplanade que trône la mosquée Al-Aqsa, le lieu saint de l’islam à Jérusalem. A quelques mètres à peine de l'édifice, le Mur des Lamentations, le lieu le plus saint selon la religion juive. Le 28 septembre 2000, la visite d’Ariel Sharon sur l’esplanade a déclenché de violents heurts. Là aussi, l’insurrection gagnera progressivement l’ensemble des territoires palestiniens. Là aussi, c'est la jeunesse désespérée qui se mobilisent dans les rues de Naplouse, de Bethléem et Ramallah. Dans le camp israélien, beaucoup ont toujours considéré que l'insurrection avait été planifiée par le leader palestinien Yasser Arafat, prévoyant l’échec du sommet de Camp David, organisé quelques semaines plus tôt.

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