Insurrection à Washington : l'homme au drapeau confédéré interpellé, enquête contre la montée de l'extrémisme dans l'armée

L’homme qui avait brandi le drapeau confédéré lors de la prise d’assaut du Capitole par des partisans de Donald Trump a été interpellé dans l’État du Delaware, a indiqué jeudi le procureur de Washington. Le drapeau controversé est considéré par beaucoup comme un symbole de racisme.

Le suspect, Kevin S., a été inculpé pour avoir pénétré illégalement et de force dans un bâtiment gouvernemental. L’homme est apparu agitant un drapeau confédéré sur de nombreux clichés publiés après l’assaut. Si de nombreux partisans de Donald Trump issus des États du sud l’arborent régulièrement, ce drapeau est pour beaucoup d’Américains un symbole de l’esclavage et du racisme.

Une enquête sur l'armée avant la fin du mois 

Par ailleurs, une enquête a été ouverte jeudi sur les efforts du Pentagone pour lutter contre la montée de l'extrémisme au sein des forces armées américaines, alors que des militaires et anciens militaires sont accusés d'avoir participé aux violences du 6 janvier au Congrès.

Le bureau de l'Inspecteur général du Pentagone, un organisme indépendant chargé d'enquêter sur cette administration tentaculaire qui gère une population de plus de deux millions de soldats, a indiqué dans un communiqué que cette enquête débuterait avant la fin du mois.

Un tiers des militaires ont constaté des signes de racisme dans les rangs

Dans une lettre ouverte également publiée jeudi, 14 sénateurs démocrates ont indiqué avoir demandé à l'Inspecteur général de mener cette enquête, soulignant que "le Pentagone reconnaît l'existence du problème mais a échoué à mettre en œuvre un plan détaillé pour y répondre". Ils citent un sondage informel mené en septembre par la revue spécialisée Military Times, qui avait montré qu'un tiers des militaires d'active avaient "constaté des signes de racisme ou de suprémacisme blanc dans les rangs".

Le Pentagone interdit aux militaires de défendre des idéologies suprémacistes

En outre, les deux-tiers des participants citaient les nationalistes blancs comme une "menace notable". Le ministère de la Défense a défendu ses mesures de lutte contre l'extrémisme au cours d'une conférence de presse. Le Pentagone "interdit expressément aux militaires de défendre activement des idéologies ou causes suprémacistes, extrémistes, ou liées à des gangs criminels", a assuré le directeur du renseignement au ministère, Gary Reid.

"Tous les militaires, y compris les membres de la Garde Nationale, ont été soumis à une enquête sur leur passé, sont évalués en permanence et sont enrôlés dans un programme de protection contre les menaces internes", a-t-il ajouté. M. Reid n'a donné aucun chiffre sur le nombre de militaires appartenant à des groupes extrémistes, ni commenté la présence d'au moins une soldate de l'armée de Terre parmi les partisans de Donald Trump ayant participé aux violences de la semaine dernière.

La résurgence des activités de suprémacistes blancs et nationalistes blancs depuis 5 à 6 ans

Mais un haut responsable du ministère a reconnu que "la résurgence des activités de suprémacistes blancs et nationalistes blancs depuis 5 à 6 ans" suscite une "profonde inquiétude" au Pentagone. "Nous savons que certains groupes tentent de recruter nos soldats ou encouragent même leurs membres à s'engager dans l'armée pour acquérir des compétences et de l'expérience militaire", a-t-il ajouté.

Il a affirmé que les nouvelles recrues étaient soumises à des enquêtes poussées sur leur passé, y compris auprès de leurs anciens enseignants, de leurs voisins ou de leur employeur. Mais le Pentagone est accusé de ne pas chercher à mesurer la proportion d'extrémistes dans ses rangs, ni de publier de rapports réguliers sur ses efforts comme il le fait pour la lutte contre les agressions sexuelles.

Au moins cinq personnes ont été tuées dans l’assaut du Capitole la semaine dernière alors que le Congrès était réuni pour certifier les résultats de l’élection présidentielle. Les violences ont suscité l’indignation aux États-Unis et la Chambre des représentants a voté en faveur d’une destitution du président Trump.

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