Insurrection à Washington: fin de carrière politique pour Donald Trump ?

Le mandat présidentiel de Donald Trump prendra fin le 20 janvier prochain. Il ne lui reste donc que quelques jours à la tête de la plus grande puissance au monde. Pourtant, le camp démocrate a jugé nécessaire de lancer à son encontre une procédure de destitution.

Mais est-ce que cette procédure est vraiment utile ?

En tout cas, pour Serge Jaumain, professeur d’histoire contemporaine à l’ULB, cette procédure est logique puisque certains députés estiment que Donald Trump a commis un délit. Pour aboutir, il faudrait que 17 républicains votent en faveur de cette destitution, ce qui n’est pas impossible mais peu probable. Un tel scénario serait alors synonyme de fin de carrière politique pour Donald Trump puisqu’il ne pourrait plus se représenter. Mais même si cette procédure n’aboutissait pas, elle aurait pour effet d’affaiblir sensiblement le camp républicain, qui se verrait contraint de prendre position pour ou contre Trump.

Un retour de Donald Trump ?

Donald Trump pourrait-il un jour redevenir président des Etats-Unis ? Jérôme Jamin, professeur en relations internationales à l'ULiège, est d'avis que Donald Trump ne pourra pas être réélu en tant que candidat du parti républicain. Ce scénario lui paraît même totalement impossible :"Le parti républicain est laminé, je vois mal comment il pourrait revenir au pouvoir avec celui qui a largement contribué à l'affaiblir. Par contre, l’histoire américaine a déjà démontré qu’il est possible d’avoir un troisième homme, un troisième parti. Et dans ce cas-ci, on a affaire à quelqu’un qui a déjà passé 4 ans à la Maison Blanche et qui, de ce fait, pourrait avoir plus de chances de faire une véritable percée politique".

Serge Jaumain estime également que Donald Trump pourrait faire un retour en créant un nouveau parti politique. "Donald Trump a recueilli près de 200 millions de dollars auprès de ses supporters depuis sa défaite électorale. Il faudra voir ce qu’il va en faire. Mais il a surtout un capital électoral assez impressionnant : entre 2016 et 2020, il a gagné près de 11 millions d’électeurs. C’est quelqu’un qui pèse dans la vie politique".

Suppression du compte Twitter de Trump

La suppression du compte Twitter de Donald Trump pose évidemment la question de la liberté d’expression. Pourtant, à entendre Pierre-Arnaud Perrouty, directeur de la Ligue des Droits Humains, ce compte, qui colportait de nombreux messages haineux et de fausses informations, aurait du être supprimé bien plus tôt. "Ces opérateurs privés se sont trop longtemps dédouanés de toute responsabilité en arguant qu’ils ne sont que des plates-formes d'hébergement de contenu, ce qui les exempterait de toute responsabilité. Cette décision  a sans doute été difficile à prendre, ce qui explique qu'elle ait été prise tardivement".

Pour Jérôme Jamin, les réseaux sociaux n'ont pas pris leurs responsabilités, trouvant sans cesse des stratagèmes pour éviter de rendre des comptes devant la justice. "Donald Trump n’est pas un citoyen comme un autre. Il a d'immenses responsabilités et des obligations en termes de comportement, de paroles, de valeurs, de principes. La liberté d’expression prend une autre dimension lorsqu'on est chef d’État".

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