Insurrection à Washington : "Consternation", "scènes honteuses"… Les condamnations se multiplient à l'étranger

Les condamnations pleuvent dans le monde après les violences au Capitole à Washington.

Le Premier ministre britannique Boris Johnson, allié traditionnel des Etats-Unis, a ainsi appelé à une transition "pacifique et ordonnée" du pouvoir vers le démocrate Joe Biden.

"Scènes honteuses au Congrès américain. Les Etats-Unis sont les défenseurs de la démocratie dans le monde entier", a-t-il estimé dans un tweet, "et il est désormais vital que le transfert de pouvoir se fasse de manière pacifique et ordonnée".

Le Premier ministre canadien Justin Trudeau a quant à lui fait part de l'"inquiétude" des Canadiens face aux violences électorales qui ont éclaté aux Etats-Unis, qu'il a qualifiées d'"attaque envers la démocratie".

"Les Canadiens sont profondément inquiets et tristes des attaques contre la démocratie aux Etats-Unis, notre plus proche allié et voisin", a-t-il affirmé sur Twitter. "La violence ne réussira jamais à renverser la volonté du peuple."


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"Trump et ses partisans devraient en fin de compte accepter la décision des électeurs américains et cesser de piétiner la démocratie", a tweeté pour sa part le ministre allemand des Affaires étrangères Heiko Maas, ajoutant que "les paroles incendiaires se muent en actions violentes".

Toujours sur Twitter, le chef de l’Otan Jens Stoltenberg a dénoncé des "scènes choquantes". Il a appelé au respect du résultat de la présidentielle remportée par Joe Biden.

Rappel des faits :

"Une atteinte grave contre la démocratie"

Le président du Conseil européen, Charles Michel, évoque le "choc" d’être témoin des scènes d’insurrection mercredi soir dans la capitale américaine Washington, où "le Congrès américain est un temple de la démocratie". Il assure néanmoins faire "confiance aux États-Unis pour assurer un transfert pacifique du pouvoir" au président élu démocrate Joe Biden.

Le chef de la diplomatie européenne, l’Espagnol Josep Borrell, a pour sa part dénoncé un "assaut inédit contre la démocratie américaine" et appelé au respect du résultat de l’élection présidentielle.

La présidente la Commission européenne, l’Allemande Ursula von der Leyen, affirme encore mercredi soir croire "en la force des institutions et de la démocratie américaines". Elle assure que "la transition pacifique" du pouvoir outre-Atlantique est "essentielle", répétant que Joe Biden est le vainqueur du scrutin présidentiel américain de novembre

Même son de cloche du côté de la France, où le ministère des Affaires étrangères condamne également "une atteinte grave contre la démocratie".

De son côté, la chancelière allemande Angela Merkel s'est dite jeudi "triste" et "en colère" après l'intrusion de partisans de Donald Trump au sein du Capitole à Washington: "Je regrette profondément que le président Trump n'ait pas concédé sa défaite, depuis novembre et encore hier". Elle ajoute que "les doutes sur le résultat de l'élection ont été alimentés et ont créé l'atmosphère qui a rendu possible les événements" de Washington.

En Israël, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a estimé jeudi que les scènes de violence au Capitole à Washington représentaient "un acte scandaleux" devant être "vigoureusement condamné": "Le saccage du Capitole hier était un acte scandaleux et doit être vigoureusement condamné", a-t-il déclaré, avant une rencontre à Jérusalem avec le secrétaire américain au Trésor Steven Mnuchin. "Je n'ai aucun doute sur le fait que la démocratie américaine triomphera, elle l'a toujours fait".
 

Réaction de la ministre belge des Affaires étrangères, Sophie Wilmès, ce mercredi soir :

En Belgique

Dans la classe politique belge, nombreux sont ceux qui pointent les risques pour la démocratie posés par le populisme.

Le Premier ministre belge Alexander De Croo (Open-Vld) se dit choqué et incrédule face aux événements en cours au Capitole, "symbole de la démocratie américaine". "Nous sommes convaincus que les institutions fortes des États-Unis surmonteront ce moment difficile", a-t-il ajouté. Il assure son "soutien total" au président élu démocrate Joe Biden.

Le vice-Premier ministre Georges Gilkinet (Ecolo) évoque des "images affligeantes et inquiétantes". "Ce qui arrive quand un Chef d’Etat conteste le résultat d’une élection. Notre démocratie mérite décidément notre attention et notre engagement constants", ajoute Georges Gilkinet.

"Ces scènes sont très graves. Elles montrent combien la démocratie a été fragilisée par Trump", déplore aussi Paul Magnette, le président du PS. "Voilà où mènent le populisme et la banalisation de l’extrême-droite. C’est une attaque contre la démocratie", poursuit-il, faisant part de "tout (son) soutien aux défenseurs de la démocratie aux USA".

Le président du MR, Georges-Louis Bouchez, évoque pour sa part "un précédent d’une extrême gravité qui malheureusement est un symptôme violent des maladies populistes de notre démocratie". Il ajoute que "le danger ne se résume pas à Donald Trump et est bien plus profond". "Démocrates, levons-nous ! ", exhorte-t-il enfin.

Pour la cheffe de groupe cdH à la Chambre, Catherine Fonck, ces scènes "très graves" à Washington "montrent combien la démocratie a été fragilisée par Trump". "Voilà où mènent le populisme et la banalisation de l’extrême-droite. C’est une attaque contre la démocratie", regrette encore la chrétienne-démocrate qui fait part de "tout (son) soutien aux défenseurs de la démocratie aux USA".

Les réactions dans notre Journal télévisé de 13H

"Profondément préoccupé"

Le président de l’Assemblée générale de l’ONU, Volkan Bozkir, s’est déclaré mercredi dans un tweet "profondément préoccupé" par "l’interruption du processus démocratique dans le pays hôte des Nations unies".

Cette préoccupation s’exprime aussi au vu de "la violence au Congrès à Washington", indique l’ancien ministre turc.

Dans un second tweet diffusé par son service de communication, Volkan Bozkir souligne qu’il est "attristé" par les événements dans la capitale américaine. "Je crois que la paix et le respect des processus démocratiques prévaudront dans notre pays hôte en ce moment critique", ajoute-t-il cependant.

En fin d’après-midi, le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, ne s’était de son côté pas encore exprimé.

Les internautes et certains médias en Chine s'en donnaient à coeur joie sur les réseaux sociaux

Les internautes et certains médias en Chine s'en donnaient à coeur joie jeudi sur les réseaux sociaux après les scènes de chaos au Capitole, n'hésitant pas à dresser un parallèle entre Washington et les manifestations pro-démocratie à Hong Kong.

Sur Twitter, pourtant bloqué en Chine, le tabloïd nationaliste Global Times publie côte à côte des photos de l'intrusion au Capitole de partisans de Donald Trump et d'autres de manifestants hongkongais au Legco. Le quotidien de langue anglaise relève que les manifestants de Hong Kong avaient été qualifiés à l'époque de "héros" par Nancy Pelosi, la présidente de la Chambre américaine des représentants. "Reste à voir si elle dira la même chose à propos de la situation au Capitole", feint de s'interroger le quotidien.

Le sujet était largement commenté en ligne et totalisait plus de 230 millions de vues. "Ce qui s'est passé au [Parlement local] de Hong Kong se répète au Capitole américain", commentait un internaute.

En soutenant les manifestants pro-démocratie à Hong Kong et condamnant ceux à Washington, "les dirigeants des pays occidentaux ont fait preuve de deux poids deux mesures", pestait un autre.

La démocratie occidentale est fragile

Le président iranien met à son tour en garde "le monde entier" contre la montée du "populisme" après les troubles de mercredi au Capitole de Washington : "La démocratie occidentale est fragile et vulnérable."

"Ce que nous avons observé aux Etats-Unis hier soir et aujourd'hui a montré, tout d'abord, à quel point la démocratie occidentale était vulnérable et fragile", a déclaré M. Rohani dans une allocution transmise par la télévision d'Etat.
 

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