Louis Michel propose un cordon sanitaire européen contre l'extrême-droite

Louis Michel et Véronique De Keyser
Louis Michel et Véronique De Keyser - © RTBF

Ajouter un volet sur la croissance au pacte européen de discipline budgétaire : le sujet était discuté dans Matin Première ce mardi. Mais les eurodéputés Véronique De Keyser et Louis Michel se sont aussi montrés très inquiets face à l'entrée d'un parti néo-nazi au parlement grec.

L’élection de François Hollande à la présidence de la République française va-t-elle changer la donne au niveau européen ? Interrogé par Bertrand Henne, le député européen du groupe libéral Louis Michel insiste pour dire : "Il faut arrêter de laisser croire que c’est Mr Hollande qui a inventé la notion de relance. Bien avant lui, les libéraux ont dit qu’il fallait absolument des politiques de croissance, qui passent par la mobilisation de moyens financiers concomitamment à de la rigueur budgétaire. Nous sommes tous d’accord pour essayer de dégager des moyens financiers : taxe sur les transactions financières, euro-obligations, mettre un terme aux dépassements des dettes souveraines. Mais tout cela ne peut se faire, et n’aura l’aval des Allemands et d’un certain nombre d’autres pays que s’il y a d’abord des réformes structurelles qui permettent de garantir la rigueur. Et ce à juste titre. C’est là où il y a un malentendu dans le discours de Mr Hollande".

Louis Michel n’est pas opposé à renégocier le dernier pacte de discipline budgétaire : "Ceci dit, il y a des éléments de relance dans ce traité. Donc il faut qu’on mette d’abord en ordre la maison, avant de mettre des moyens financiers sur des investissements, par exemple dans l’énergie, la restructuration des grands secteurs industriels en Europe ou ce qui touche à la communication. On est tous d’accord mais le problème est de savoir si on est bien d’accord d’associer ces politiques-là à des politiques de rigueur budgétaire absolue. L’Europe n’est pas seule au monde : les pays émergents sont à nos portes et nous font une concurrence effrénée. Et il faudra bien tenir la route par rapport à cela. Parler de ‘la relance’ comme si le mot suffisait à faire de la croissance, c’est un peu simpliste", insiste-t-il.

Pour l’eurodéputée socialiste Véronique De Keyser, si "on a tous la relance en tête, on n’est pas tous d’accord notamment sur ce qu’on ferait du produit d’une future taxe sur les transactions financières : va-t-elle servira à refinancer des grands travaux d’infrastructure européens ? Ou bien ira-t-il aux Etats ? Et on n’est pas tous d’accord sur la même croissance".

Cordon sanitaire

A propos des résultats des dernières élections en Grèce, Louis Michel se dit "très inquiet de la montée des extrémisme fascisants. Je suis d’autant plus inquiet que j’entends des discours, même de la part de démocrates, qui semblent de plus en plus banaliser, et accepter comme des partenaires potentiels normaux, des partis qui sont des ennemis de la démocratie. La montée des populismes, des xénophobes, des racismes, de l’exclusion de l’autre : cela me fait vraiment peur. Je me demande dans quelle mesure les partis démocratiques ne devraient pas se rencontrer pour débattre de cette question". Véronique De Keyser et Louis Michel estiment tous les deux que si l’Europe peut apporter une solution aux problèmes économiques et sociaux de la population européenne, cela pourrait limiter la montée de ces partis extrémistes. Mais pour Louis Michel "il faut peut-être avoir aussi en tête de faire une sorte de cordon sanitaire vis-à-vis de ces gens-là".

Véronique De Keyser renchérit en rappelant que, "il y a quelques années, on a vu entrer dans l’hémicycle du Parlement européen des députés hongrois dans des tenues paramilitaires. Et là je partage entièrement la position de Louis Michel : nous avons peur de cela. L’Europe ne laisse entrer des Etats-membres que s’ils satisfont à certains critère démocratiques. Mais une fois que ces pays sont dans l’Union européenne, il y a trop peu de garde-fous. Nous sommes désarmés devant cette montée des populismes. Je crois qu’il faut faire un front de ce côté-là".

A.L. avec B. Henne

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