Indonésie: pressions pour interdire l'homosexualité et les relations sexuelles hors mariage

Manifestation anti-homosexuels à Banda Aceh, en Indonésie, le 27 décembre 2017
3 images
Manifestation anti-homosexuels à Banda Aceh, en Indonésie, le 27 décembre 2017 - © Chaideer MAHYUDDIN

Les pressions sont fortes en Indonésie pour interdire l'homosexualité et les relations sexuelles hors mariage dans le cadre d'un durcissement du code pénal, influencé par une vague de fondamentalisme religieux dans le pays musulman le plus peuplé au monde.

Les changements proposés, qui limitent aussi l'usage de préservatifs et criminalisent l'adultère, bénéficient d'un soutien sans précédent à un peu plus d'un an de l'élection présidentielle dans l'archipel d'Asie du Sud-Est, alors que d'autres tentatives en ce sens avaient auparavant échoué.

Le Parlement examine actuellement les derniers articles du nouveau code soutenu par les principaux partis politiques, qui devrait être soumis au vote dans les prochains mois.

Si elles sont adoptées, ces modifications impacteront de nombreux Indonésiens, parmi lesquels la petite communauté LGBT (lesbien, gay, bisexuel, transsexuel) déjà victime de discriminations.

Cette semaine, le président du Parlement, Bambang Soesatyo, a appelé à prendre des mesures sévères contre les "excès" de la communauté LGBT. Le ministre de la Santé a récemment annoncé la publication d'un guide médical classant l'homosexualité comme un "trouble mental".

L'homosexualité est légale en Indonésie, sauf dans la province semi-autonome d'Aceh, qui applique la loi islamique (charia).

Selon des observateurs, l'objectif ultime de ces mesures est d'étendre au pays entier les loi déjà en vigueur à Aceh, où l'homosexualité est interdite de même que les jeux d'argent, et où la consommation d'alcool et les relations sexuelles hors mariage sont sanctionnées par des coups de bâton en public.

Alors que les travaux des parlementaires sur le nouveau code pénal touchent à leur fin, des défenseurs des droits de l'homme ont lancé une pétition qui a recueilli jusqu'ici 57.000 signatures contre les nouvelles dispositions controversées.