Indépendantistes catalans condamnés: "manifester, cela fait partie des libertés fondamentales" selon la N-VA

Après la condamnation lundi de 9 indépendantistes catalans à des peines de prison, la justice espagnole a émis un nouveau mandat d’arrêt européen et international contre Carles Puigdemont, l’ancien président de la région, qui est toujours réfugié à Bruxelles. En Belgique, il peut compter sur le soutien de la N-VA, et notamment d’Assita Kanko, qui s’est rendue lundi à sa conférence de presse. "Cela me met très en colère qu’on puisse sur le territoire européen devoir se réfugier, se cacher, affirmait-elle ce mardi dans Matin Première. Imaginez que Bart De Wever, ou Charles Michel, ou Didier Reynders, doive se cacher en Italie ou au Portugal parce qu’il a exprimé des opinions ici ?"


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Pour l’eurodéputée, la journée de lundi a été "un jour noir pour la démocratie en Europe, pour tout ce qui constitue ce que nous sommes." A l’image de son parti, elle dénonce une atteinte au droit à l’autodétermination de la Catalogne, et plus encore aux droits humains. "Les gens ont le droit de débattre, de manifester, cela fait partie des libertés fondamentales", estime Assita Kanko. Et si la justice espagnole veut émettre un mandat d’arrêt européen, il faut qu’elle respecte "la proportionnalité et les règles en vigueur". "L’Espagne fait partie de l’Europe, elle doit respecter la hiérarchie des normes au niveau européen", rappelle l’eurodéputée, qui estime que l’on ne peut pas "abuser du système judiciaire pour satisfaire ses propres objectifs". Comprendre : le gouvernement espagnol tenterait avec ce mandat d’arrêt de museler le mouvement indépendantiste catalan.

Dans notre groupe politique, on n’a pas les mêmes opinions, mais c’est justement pour ça qu’on se bat

Pourtant, le Premier ministre espagnol a été clair : "personne n’est au-dessus des lois." Et la Commission d’ajouter que tout ceci est une affaire interne à l’Espagne. "Si la Commission européenne est d’accord avec cette situation, je ne comprends pas ce que nous faisons dans un parlement", rétorque Assita Kanko. L’eurodéputée affirme qu’elle va demander, avec son groupe, à la Commission (sortante et future) d’examiner dans quelle mesure "l’état de droit a été respecté" et de "clarifier les choses".


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Ce qui pourrait compliquer les choses, c’est qu’au Parlement, la N-VA est dans le même groupe politique que le parti d’extrême droite espagnol Vox, qui a lui réclamé la peine de mort pour les indépendantistes… "Dans notre groupe politique, on vote librement, on n’a pas forcément les mêmes opinions, mais c’est justement pour cela qu’on se bat, pour le droit à l’autodétermination", s’agace Assita Kanko, qui estime que l’on ne demande pas "à Kris Peeters ou à Benoît Lutgen ce qu’ils font dans un groupe politique avec Orban [le Premier ministre hongrois conservateur, ndlr]."

Quant à savoir si le mouvement indépendantiste catalan peut donner des idées à la N-VA, l’eurodéputée botte en touche : "ce qu’on veut, c’est le meilleur pour les gens." Avec une Flandre autonome, au sein d’un confédéralisme, ou indépendante, comme le réclame le Vlaams Belang ? La question reste ouverte.

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