Incendie de Notre-Dame de Paris: une enquête compliquée, où les preuves matérielles ont disparu

La "piste accidentelle est privilégiée" en ce qui concerne les causes de l'incendie qui a ravagé une grande partie de la cathédrale Notre-Dame de Paris lundi soir, a expliqué peu avant mardi midi le procureur de la République de Paris, Rémy Heitz, lors d'un point presse sur l'enquête en cours.

Le parquet de Paris a ouvert une enquête du chef de "destruction involontaire par incendie" : cela signifie que c'est la piste d'un départ de feu accidentel depuis le chantier qui "retient l'attention des enquêteurs en l'état des investigations", a précisé une source proche du dossier.

Les ouvriers du chantier étaient entendus dans la nuit par les enquêteurs. 

"Cinq entreprises intervenaient sur le site. Dès aujourd'hui, ont débuté des auditions d'ouvriers et d'employés de ces entreprises". "Ils sont une quinzaine à être intervenus, à avoir été présents hier", a précisé Rémy Heitz devant Notre-Dame, ajoutant que la direction de la police judiciaire mobilisait près de 50 enquêteurs sur cette enquête.

Le procureur de Paris a ajouté qu'une "première alerte" avait été donnée à 18h20, mais qu'aucun départ de feu n'avait alors été constaté. "Il y a eu une deuxième alerte à 18h43 et un départ de feu a été constaté au niveau de la charpente. Entre temps, l'église avait été évacuée."

Selon les premiers éléments de l’enquête, c’est dans les combles de Notre-Dame de Paris que l’incendie aurait démarré, peu avant 19 heures. Un endroit très difficile d’accès, cerné d’échafaudages, au cœur d’un vaste chantier de rénovation lancé depuis l’été 2018. 

Les flammes semblent en effet être parties au niveau d’échafaudages installés sur le toit de l’édifice, en travaux depuis plusieurs mois. Le Parisien évoque l’hypothèse d’un foyer provoqué par un travail de soudure sur la charpente en bois.

Difficile de trouver des preuves matérielles

Mais à cette heure, il n’y avait, semble-t-il, plus d’ouvriers sur place. Comme le feu a largement détruit cette partie de la cathédrale, il sera toutefois compliqué d’y retrouver des preuves matérielles pour tenter d’expliquer l’origine de l’incendie.

Les enquêteurs étaient en tout cas déjà à pied d’œuvre, lundi soir, pour identifier les personnes qui travaillaient sur le chantier et pour recueillir les premiers témoignages sur les origines de l’incendie, selon le parquet de Paris. 

"Ce sera une enquête longue, complexe, qui va marier des éléments policiers mais aussi des éléments techniques avec des expertises qui vont être missionnées", a expliqué une source policière au Monde.

 

 

 

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