Incendie à Paris: la femme soupçonnée était tout juste sortie d'un hôpital psychiatrique

Incendie à Paris - La femme soupçonnée était tout juste sortie d'un hôpital psychiatrique
Incendie à Paris - La femme soupçonnée était tout juste sortie d'un hôpital psychiatrique - © STEPHANE DE SAKUTIN - AFP

La quadragénaire arrêtée après l'incendie qui a fait dix morts à Paris dans la nuit de lundi à mardi, était encore tout récemment internée dans un hôpital psychiatrique, a indiqué une source proche à l'AFP mercredi.

Cette femme, interpellée immédiatement après l'incendie, l'un des plus meurtriers dans la capitale française depuis près de 14 ans, avait été placée en garde à vue mardi matin, avant d'être conduite à l'infirmerie psychiatrique de la préfecture de police en fin de journée.

Unique en France, cette structure, surnommée l'"I3P", accueille des personnes présentant à la fois un "danger imminent pour la sureté des personnes" et "des troubles mentaux manifestes".

L'habitante avait été "arrêtée en état d'alcoolémie alors qu'elle tentait de mettre le feu à une voiture", d'après une source policière.

Des menaces mises à exécution

Le suivi psychiatrique de cette quadragénaire, qui a nié avoir commis les faits en garde à vue, est au centre des interrogations, alors que l'enquête a établi qu'elle s'était disputée avec un voisin le soir des faits.

Ce voisin, un pompier, a appelé la police juste après minuit pour se plaindre du bruit causé par cette femme. Selon le procureur de Paris, Rémy Heitz, il l'a recroisée dans l'immeuble peu après la venue des forces de l'ordre et a affirmé aux enquêteurs qu'elle lui avait alors dit: "Regarde moi droit dans les yeux. Toi qui aimes les flammes, ça va te faire tout drôle quand ça va exploser".

Internée plus d'une dizaine de fois

La suspecte avait effectué 13 séjours en dix ans en hôpital psychiatrique, dont le dernier tout récemment. Après le dernier de ces séjours, du 18 au 30 janvier, la quadragénaire avait été jugée apte à sortir par un médecin, a-t-il souligné. Les treize séjours ont été effectués dans un établissement parisien entre 2009 et 2019, a précisé Rémy Heitz lors d'une conférence de presse mercredi soir.

Ses antécédents judiciaires font apparaître trois procédures où elle a été mise en cause, sans jamais être condamnée. Deux furent classées sans suite en 2016, en raison d'un "état mental déficient", selon une source judiciaire, l'une pour un "vol précédé de dégradations" et l'autre pour des violences. Par ailleurs, en 2017, une autre procédure pour "violences conjugales" avait été classée sans suite car l'infraction était insuffisamment caractérisée.

L'enquête a été ouverte pour "destruction volontaire par incendie ayant entraîné la mort" et sera confiée à des juges d'instruction en début de semaine prochaine avec l'ouverture d'une information judiciaire, a précisé le procureur de la République de Paris.

Après la suspension de sa garde à vue pour raisons médicales, la suspecte a été conduite à l'infirmerie psychiatrique de la préfecture de police mardi en fin de journée. Son état de santé va être analysé dans les prochains jours. S'il n'évolue pas, elle pourrait être hospitalisée d'office.

Journal télévisé 05/02/2019

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