"Il y a peu de jeux avec un contenu africain"; à Johannesburg, un nouvel incubateur numérique

La réalité virtuelle a été privilégiée par Naomi van Niekerk, 33 ans, l’une des dix gagnantes "Digital Lab Africa".
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La réalité virtuelle a été privilégiée par Naomi van Niekerk, 33 ans, l’une des dix gagnantes "Digital Lab Africa". - © Daylin PAUL

"Dans l’animation digitale, il y a un marché potentiel énorme, dit Lesley Williams, directrice du centre d’innovation digitale Tshimologong, ouvert par l’Université Wits à Johannesburg (Afrique du Sud) en 2016. Il manque 30.000 animateurs dans le monde."

Installé dans le quartier trendy de Braamfontein, Tshimologong est un incubateur pour entrepreneurs du numérique, qui met en contact développeurs, start up, entreprises et gouvernement.

Le 9 juillet, le centre a inauguré un incubateur de contenus audiovisuels (animation, réalité virtuelle, augmentée et mixte, hologrammes, vidéo 360°, jeux vidéo, séries web et musique) avec l’appui de l’Agence française de développement.

Une aide de 950.000 euros va permettre notamment la formation en deux ans de jeunes chômeurs issus des townships dans l’animation digitale et le jeu vidéo. "On aura aussi un accès au marché français et africain francophone", ajoute Williams.

Projets novateurs

Naomi van Niekerk, 33 ans, s’intéresse à la réalité virtuelle. Issue du monde du théâtre, elle est l’une des dix gagnantes d’une compétition organisée par l’Institut français d'Afrique du sud (IFAS) visant à identifier des projets novateurs sur le continent : pour sa deuxième édition, "Digital Lab Africa" a reçu 740 projets de 30 pays africains.

Naomi Van Niekerk montre des dessins de son projet "II Worlds", réalisé avec le compositeur Arnaud van Vliet : "Le spectateur pourra se promener dans un paysage physique et virtuel, voir un arbre qui pousse, une feuille qui tombe devant ses yeux. On veut jouer sur les contrastes entre nature et technologie, entre réalité et rêve".

"On a tout appris sur internet"

Un autre lauréat de Johannesburg, Thuso Sibisi, va développer un jeu vidéo. "Il y a peu de jeux avec un contenu africain. Avec Alex Ynclan, un ami d’école qui vit aux États-Unis, nous avons imaginé un jeu qui met en valeur notre identité africaine. On n’avait aucune formation en informatique. On a tout appris sur internet."

Naomi et Thuso seront épaulés pendant six mois par des mentors africains et français. Ils passeront un mois en "incubation" à Paris.

Parmi les autres gagnants, le Zimbabwéen Tafadza propose une application, "Mbira online", pour préserver les sons de cet instrument traditionnel de son pays. Un autre projet vise à permettre aux musiciens de vérifier l’utilisation de leurs œuvres sur internet. "Lors d’un festival à Madagascar, j’ai rencontré des vidéastes du Sénégal, Congo et Cameroun. Il y a une vraie résonance entre nous et j'espère développer des collaborations", confie Naomi.

Partenariats

Les jeunes créatifs africains sont souvent des autodidactes qui développent des applications à faible coût pour téléphones portables. En Europe, gouvernements, diffuseurs, musées investissent fortement dans ce nouveau créneau et sont à la recherche de contenu. D’où l’intérêt de ces partenariats.

"Pour la France comme pour l’Afrique du Sud, l’innovation technologique est une priorité, explique Christophe Farnaud, l’ambassadeur de France en Afrique du Sud. Le gouvernement sud-africain soutient une initiative visant à développer les start-up du Cap, où une dizaine d’entreprises françaises du numérique ont ouvert des bureaux."

Abidjan et Le Cap ont été désignées comme des "Vivatech" et plusieurs start-up africaines ont été invitées au salon Vivatech, fin mai à Paris.

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