Il y a dix ans, G.W. Bush lançait ses troupes à l'assaut de l'Irak

Des vétérans américains des opérations en Irak manifestent devant la Maison Blanche le 19 mars
Des vétérans américains des opérations en Irak manifestent devant la Maison Blanche le 19 mars - © AFP PHOTO / NICOLE SAKIN

Il accusait Sadam Hussein de posséder des armes de destruction massive et ce contre toute évidence. Un anniversaire commémoré dans la plus grande discrétion car en Irak, les attentats ravagent encore le pays. En 10 ans de conflit plus de 170 000 personnes ont perdu la vie. Aujourd'hui, un américain sur deux considère que cette guerre était une erreur.

 

Malgré cela, les autorités refusent de reconnaître le mensonge qui a servi d'alibi au déclenchement de cette guerre. En réalité aucune arme de destruction massive n'a été trouvée. 
Avec l'arrivée de Georges Bush junior à la présidence en 2001, les Etats Unis pouvaient achever la guerre que Georges Bush père avait conduite neuf ans plus tôt contre Saddam Hussein. Mais pour cela, il fallait trouver un prétexte. L'attaque contre les tours de New York va tomber à point. L'Administration républicaine sera chargée de trouver des liens imaginaires entre le 11 septembre et Bagdad. Fondé sur des missions non probantes, des témoignages trompeurs, des mensonges diplomatiques, Washington va alors former une coalition armée malgré critiques et réticences de la France, de l'Allemagne et de la Belgique. On se souviendra du bras-de-fer à l'ONU puis à l'OTAN, entre ces trois gouvernements et des Occidentaux alignés sur Washington : "L'option de la guerre peut apparaître à priori, la plus rapide", disait le Ministre français Dominique De Villepin, qui ajoutait : "Et n'oublions pas qu'après avoir gagné la guerre, il faut construire la paix. Dans ce contexte, l'usage de la force ne se justifie pas".
 
Gestion chaotique
 
Les lourds bombardements d'il y a dix ans et l'attaque dans le sable irakien, vont se faire sans le feu vert du Conseil de Sécurité. Ce qui laissera de profondes cicatrices entre Occidentaux. Cette guerre rapide se fera aussi aux conditions et selon les intérêts des Etats Unis. De libérateurs, les forces américaines rateront l'occasion de s'allier une population pourtant désireuse de voir disparaître le tyran. Ces soldats américains vont écrire le chapitre d'une nouvelle occupation. Les premiers mois de l'après guerre seront aussi véritablement catastrophiques. Les premières décisions seront prises en dépit du bon sens, elles vont ouvrir la voie à une gestion chaotique des affaires irakiennes et témoigneront d'un manque de vision sur l'avenir du pays, instable et fragile. Dix ans plus tard, les Américains ont perdu quelque 4500 combattants mais conservé la haute main sur le pétrole, la seule vraie richesse d'un pays toujours dangereux.
 
Les autorités irakiennes n'ont prévu aucun évènement pour marquer cette date anniversaire. Le gouvernement irakien est vraisemblablement plus enclin à marquer la chute de Bagdad, survenue le 9 avril. Cette journée, durant laquelle l'armée américaine déboulonna la statue de Saddam Hussein.
 

Willy Vandervorst

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