Il y a 75 ans, les Belges libèrent la côte normande

Marcel Proust résidait à Cabourg chaque été. Et aujourd’hui, pour les Belges, c’est un peu "à la recherche du temps perdu". Il y a 75 ans, des soldats belges libéraient Cabourg et ont ensuite continué sur leur lancée vers Deauville et Honfleur. De jeunes gens dont certains sont encore en vie et qui à 94, 95 ou 102 ans sont revenus sur la terre de leurs exploits.

Ils faisaient tous partie de la Brigade Piron, du nom du colonel qui les commandait et qui a sa statue au centre de Couvin, sa ville natale.

Tous ont voulu combattre l’occupant allemand mais ils avaient besoin d’une sacrée dose de motivation pour le faire. Il fallait en effet gagner l’Angleterre et pour cela, le chemin qui passait par la France occupée et l’Espagne franquiste était long et plein d’embûches. Une fois de l’autre côté de la Manche, ils ont été équipés et entraînés par l’armée britannique et ont formé ce qui est devenu la Brigade Piron.

Les Belges n’ont pas participé au débarquement de Normandie. On les y a transportés au mois d’août et ils ont été engagés aux côtés de la sixième division aéroportée britannique. En une dizaine de jours, ces 2200 hommes libéreront les villes de la côte fleurie, plus célèbres au plan touristique que militaire. Avec des pertes finalement limitées : 27 morts entre le 16 et le 26 août.

A la fin août, ils ont franchi la Seine et s’apprêtent à participer à l’assaut sur Le Havre quand ils reçoivent un contre-ordre : les Alliés sont aux portes de Bruxelles qu’ils doivent rejoindre en toute hâte afin d’avoir l’honneur d’y entrer les premiers.

Jamais la côte normande n’a oublié ces moments de liesse où des Belges leur ont rendu la liberté comme en témoignent les noms de rues : ponts des Belges, avenue des Belges, boulevard général Piron. 75 ans après, quatre anciens combattants, leurs familles et sympathisants refont le périple de Cabourg à Honfleur, au pays de Marcel Proust, à la recherche d’un temps qu’ils n’ont jamais perdu.

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