Il y a 25 ans, le 13 septembre 1993, l'espoir fou de la paix au Proche-Orient

La pelouse de la Maison blanche a été le théâtre de la signature historique des accords d'Oslo. Vingt-cinq ans plus tard, l'espoir a disparu.
La pelouse de la Maison blanche a été le théâtre de la signature historique des accords d'Oslo. Vingt-cinq ans plus tard, l'espoir a disparu. - © ARYEH RABINOVICH - AFP

Les 3.000 invités sur la pelouse de la Maison Blanche ont le sentiment d’assister à un moment historique, en ce 13 septembre 1993. Israéliens et Palestiniens, qui se combattent farouchement depuis des décennies, signent un accord, synonyme d’un immense espoir pour arriver à la paix au Proche-Orient. C’est le lancement d’un processus censé aboutir en cinq ans à une solution globale. Pourtant rien ne se passera comme prévu. Voici cinq points clés pour comprendre le fiasco d’Oslo.

1. Comment est né l’accord d’Oslo ?

Début 1993, la diplomatie norvégienne organise des rencontres secrètes à Oslo entre responsables israéliens et palestiniens. La conférence de paix organisée à Madrid l’année précédente avait échoué. L’idée est de mettre les négociateurs face à face, sans la pression du regard du monde extérieur. Et cela fonctionne. En six mois et 14 réunions secrètes, les négociateurs aboutissent à la base d’un accord, avalisée par leurs dirigeants. La diplomatie américaine prend alors le relais.

2. Que contient l’accord ?

La signature sur la pelouse de la Maison blanche est précédée par une reconnaissance mutuelle d’Israël et de l’Organisation de Libération de la Palestine. Ce préalable permet la rencontre et la poignée de main historique à Washington entre Yasser Arafat, chef de l’OLP, et le Premier ministre Yitzhak Rabin.

Les dirigeants israéliens et palestiniens reconnaissent dans cet accord qu’il est temps " de mettre fin à des décennies de confrontation et de conflit, de reconnaître leurs droits légitimes et mutuels, de s’efforcer de vivre dans la coexistence pacifique et d’aboutir à un accord de paix juste, global et durable ". Il s’agit donc plus d’un point de départ que d’un aboutissement. C’est le lancement du processus de paix israélo-palestinien censés aboutir dans les cinq ans.

3. Qu’est-ce que ce processus de paix a obtenu ?

Les accords qui suivent créent un embryon d’État palestinien, l’Autorité autonome palestinienne, sur des portions de territoire : la bande de Gaza et les principales villes de Cisjordanie. Mais la majeure partie du territoire palestinien reste sous le contrôle de l’armée israélienne. Les services de sécurité palestiniens collaborent étroitement avec leurs homologues israéliens.

Le processus n’arrivera jamais à progresser sur les points les plus sensibles qui divisent Israéliens et Palestiniens, les cinq questions clés du statut final : le partage de Jérusalem, le retour de réfugiés Palestiniens, les colonies israéliennes, les frontières définitives et la sécurité d’Israël.

4. Pourquoi le processus s’est-il enlisé ?

Un premier coup est porté au processus le 4 novembre 1995. Un extrémiste juif assassine le Premier ministre Yitzhak Rabin, qui venait de signer un nouvel accord intérimaire avec les Palestiniens (Oslo II). Cet assassinat porte un coup rude au processus, qui ne progresse plus de manière significative.

La colère palestinienne monte et la seconde Intifada, à l’automne 2000, est ponctuée d’attentats sanglants en Israël. La confiance est rompue. Le mouvement islamiste Hamas remporte les élections palestiniennes de 2006 et prend le contrôle de la bande de Gaza. En Israël, la droite gagne du terrain. Les gouvernements successifs poursuivent la colonisation de la Cisjordanie et mènent plusieurs guerres à Gaza. Les dernières négociations directes entre Israéliens et Palestiniens ont lieu en 2013, sans résultat.

5. Qu’en reste-t-il aujourd’hui ?

Le processus de paix est mort. Les États-Unis ont perdu leur statut de médiateur, après la reconnaissance unilatérale de Jérusalem comme capitale israélienne par le président Trump.

Restent les institutions et les procédures qu’il a engendrées. L’Autorité palestinienne administre les grandes villes de la Cisjordanie, sous occupation militaire israélienne. Pour les plus optimistes, l’Autorité est la voix des Palestiniens dans les institutions internationales et permet le développement économique de la Cisjordanie. Pour les pessimistes, c’est une administration fossilisée, qui bénéficie d’une rente de situation et maintient le calme dans les Territoires pour le compte de l’occupation israélienne.

 

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