Il y a 20 ans, la Roumanie déboulonnait N. Ceausescu

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Le dernier épisode marquant de la fin des régimes communistes en Europe de l'Est date de la toute fin de l'année 1989: il s'agit de l'arrestation et de l'exécution du président roumain Nicolae Ceausescu.

Quatre jours plus tôt, ce 21 décembre 89, le "Conducator" croit encore tenir son peuple en main. Quatre jours après les premières manifestations de masse à Timisoara, Nicolae Ceausescu, qui vient de rentrer d'Iran, s'adresse  aux milliers de personnes convoquées, comme d'habitude, par les sbires du régime. Le dictateur roumain est connu pour son indépendance vis-à-vis de Moscou : c'était le cas au temps fort de la période communiste, et c'est encore le cas avec la perestroïka. La Roumanie n'en veut pas. Elle conservera sa ligne et son bien-aimé dirigeant.

Ce qu'il n'avait pas prévu, ce qu'il refusait de voir, c'est que la répression à Timisoara avait enflammé le peuple, et divisé les plus hautes instances de l'armée, du parti et même de sa chère police. Pour la première fois depuis son accession au pouvoir, 24 ans plus tôt, on va l'empêcher de parler.

Nicolae Ceausescu quitte le balcon, proclame l'état d'urgence, ordonne à ses troupes de tirer, aux entreprises d'organiser des manifestations à sa gloire mais la foule prend possession de la rue et, dès le lendemain, s'attaque à la télévision et au siège du parti.

Pendant deux jours, et même après l'arrestation ce 22 décembre du couple présidentiel en fuite, des fidèles du régime, des agents de la Securitate, tenteront de briser l'élan populaire. Des dizaines de civils tomberont.

L'épilogue interviendra le jour de Noël. Nicolae et Elena Ceausescu seront exécutés sur une base militaire à 50 kilomètres de Bucarest, au terme d'un procès expéditif qui, vingt ans plus tard, met toujours mal à l'aise bon nombre de démocrates.

 

M.S. avec André Zaleski

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