Il y a 15 ans, un tsunami de 35m de hauteur faisait 230.000 morts dans une douzaine de pays de l'océan Indien

Il y a 15 ans, jour pour jour, un tremblement de terre provoquait un tsunami meurtrier dans l’océan Indien, avec plus de 230.000 morts dans une douzaine de pays, principalement en Indonésie et au Sri Lanka.

Le séisme s’est déclenché le matin du 26 décembre 2004 au large de l’île indonésienne de Sumatra, avec une puissance de plus de 9 sur l’échelle de Richter. Une vague d’environ 50 cm se forme alors au milieu de l’océan et se déplace à la vitesse de 800 km/h vers les côtes. En se rapprochant, sa hauteur augmente pour atteindre jusqu’à 35 m.

On est une poupée, on subit, on tombe sur des meubles, des voitures, on se cogne

L’Indonésie sera la première frappée en particulier Band Aceh. Elle subit les pertes les plus lourdes avec au moins 170.000 morts et sans doute beaucoup plus - de nombreux corps n'ont jamais été retrouvés ou identifiés. Suivront ensuite la la Thaïlande, l’Inde, le Bangla Desh, Singapour et le Sri Lanka.

Images d'archives du tsunami

Catherine Vandeloise fait partie des survivants, elle était au Sri Lanka quand la vague a déferlé. "Il y a des litres et des litres d’eau qui sont arrivés sur nous. On a vraiment été expulsé avec une force inimaginable. Le mur de la cabane s’est effondré et on est partis avec la vague. On est une poupée, on subit, on tombe sur des meubles, des voitures, on se cogne. On traverse des maisons, j’ai été coupée par des fils barbelés. Je me suis dit : "Non, tu dois t’accrocher et te battre jusqu’au bout". Je pense que tout le monde se bat pour rester en vie", témoigne-t-elle.

Le séisme a bien été détecté, mais contrairement au Pacifique, l’océan Indien ne dispose pas de système d’alerte au tsunami, ce qui explique ce bilan final. Des milliers de touristes y ont aussi perdu la vie : 500 personnes venaient de Suède et d’Allemagne, 11 de Belgique. Il s’agit de l’une des pires catastrophes naturelles de l’histoire.

Quand la vague s’est retirée, elle a laissé derrière elle des paysages dévastés. Les images avaient d’ailleurs entraîné un élan de solidarité mondiale sans précédent.

Hommage et recueillement

Des milliers d'habitants ont convergé vers les cimetières dans la province indonésienne d'Aceh pour commémorer ce 15e anniversaire. Dans un pré du district d'Aceh Besar où au moins 47.000 victimes ont été inhumées, les proches des disparus ont prié, répandu des pétales de fleurs sur les sépultures et se sont réconforté.

Nurhayati, qui a perdu sa fille la plus jeune dans la catastrophe est venue au rendez-vous. "Je viens ici chaque année parce qu'elle me manque tellement. Elle avait juste 17 ans et elle commençait l'université", explique à l'AFP cette femme de 65 ans en sanglotant.

"Ça fait 15 ans mais jusqu'à aujourd'hui, à chaque fois que je vois l'océan, même à la télévision, je tremble et j'ai l'impression qu'une grande vague va arriver", note-t-elle.

Le surf pour "renouer avec la vie"

A Lampuuk, sur 7.000 habitants seuls 300 ont survécu. C'est le cas de Dery Setyawan, qui a perdu sa mère, ses deux grand-mères, son frère en bas âge ainsi que nombre de ses amis dans le tsunami.

Le jeune homme se rappelle l'instant où l'eau s'est engouffrée dans sa maison, l'entraînant 200 mètres plus loin, jusqu'à ce qu'il s'accroche à des débris pour survivre.

Les vagues de la plage sont nos amies, celles qui ont tué pendant le tsunami venaient du fond de l'océan

Les années qui ont suivi, les habitants traumatisés ont eu peur de l'eau. "On regardait les vagues mais juste pour vérifier que le niveau de l'eau ne baissait pas", un signe avant-coureur d'un tsunami.

Pourtant, à peine un an après, Dery Setyawan, a voulu affronter sa peur. "Les vagues de la plage sont nos amies, celles qui ont tué pendant le tsunami venaient du fond de l'océan : c'est ainsi que j'ai pu me convaincre de retourner dans l'eau la première fois", dit-il.

Pour lui comme pour d'autres habitants, le surf est devenu un moyen de renouer avec la vie. "La côte fait partie de notre existence ici. C'est là que nous vivons, que nous passons des moments en famille, que nous gagnons notre vie".

Devenu surfeur professionnel, il participe aujourd'hui à des compétitions internationales et locales et a organisé le mois dernier le Championnat de surf d'Aceh.

Sa planche de surf sous le bras, Dery Setyawan court vers les vagues. C'est une épreuve sportive mais aussi émotionnelle pour l'homme qui a perdu de nombreux proches quand un tsunami géant a frappé cette côte indonésienne il y a quinze ans.

"Le surf a été le meilleur remède pour le traumatisme subi". "Quand je suis sur les vagues, toutes mes peurs s'envolent, je peux confronter le passé et trouver la paix", explique-t-il à l'AFP.

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