Il a neigé sur le Caire, une première depuis de plus de cent ans (photos)

Il a neigé sur le Caire, une première depuis de plus de cent ans
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Il a neigé sur le Caire, une première depuis de plus de cent ans - © Tous droits réservés

Une tempête de neige particulièrement rude pour la région paralysait vendredi une partie du Proche-Orient, notamment Jérusalem, frappant aussi de plein fouet des centaines de milliers de réfugiés ayant fui le conflit en Syrie. Des pluies diluviennes se sont par ailleurs abattues sur la bande de Gaza, où des habitants ont été contraints de se déplacer à bord de barques. Plusieurs régions d'Egypte, dont des banlieues du Caire, étaient recouvertes vendredi d'une couche de neige, pour la première fois depuis de longues années selon un responsable du centre météorologique égyptien.

"C'est la première fois depuis de très nombreuses années" que l'on voit de la neige dans la région du Caire, a indiqué Ali Abdelazim, de la direction générale de la météorologie. A "Medinati", une ville nouvelle au nord-est du Caire, un habitant a raconté avoir été réveillé par un bruit inhabituel: "à six heures du matin, j'ai entendu les flocons de neige qui s'abattaient sur mes fenêtres", rapporte-t-il, joint par téléphone.

"A l'extérieur, j'ai vu que mon jardin était tout blanc", a ajouté Karim Kheirat. "C'est la première fois de ma vie que je vois cela".

D'après la presse arabophone, cela fait 112 ans que la capitale égyptienne n'a plus connu cela.

D'autres banlieues de la mégalopole égyptienne étaient également touchées par la neige, mais dans une moindre mesure, ont rapporté plusieurs habitants.

Dans la péninsule du Sinaï, une couche de plusieurs centimètres de neige recouvrait la région montagneuse de Sainte-Catherine après une tempête de neige, un phénomène qui ne s'était plus produit depuis des décennies. Sur place, Mokhtar Hussein, a affirmé : "nous ne pouvons plus sortir depuis hier et nous ne quittons plus la maison du tout car tous les quartiers de la ville sont recouverts de neige".

A Rass el-Bar, sur la côte méditerranéenne, jardins, rues et maisons étaient recouverts d'un manteau blanc après de fortes chutes, selon Rania al-Moubachir, qui a affirmé à l'AFP par téléphone "voir cela pour la première fois de sa vie".

Des chutes légères de neige ont également été signalées à Alexandrie, la deuxième ville du pays, également dans le nord. Les autorités ont annoncé la fermeture pour le troisième jour consécutif du port en raison du mauvais temps et des vents violents. Une vague de froid frappe depuis plusieurs jours le Moyen-Orient et l'Egypte connaît depuis deux jours des températures exceptionnellement basses et de fortes chutes de pluie.

La vague de froid dure depuis jeudi dans la région, où les Syriens, qui tentent déjà de survivre à une guerre civile meurtrière, souffrent sous des températures glaciales, en particulier les réfugiés installés dans les régions montagneuses libanaises, recouvertes de neige.

En Syrie même, un bébé et un enfant sont morts jeudi d'hypothermie à Alep (nord) et à Rastane, bastion rebelle dans la province de Homs (centre), selon la Coalition de l'opposition. Vendredi, Damas était sous la neige, tout comme la ville de Hara, dans le sud de la Syrie, dont les quartiers rebelles sont assiégés par les forces du régime.

En Syrie même, un bébé et un enfant sont morts jeudi d'hypothermie à Alep (nord) et à Rastane, bastion rebelle dans la province de Homs (centre), selon la Coalition de l'opposition. Vendredi, Damas était sous la neige, tout comme la ville de Hara, dans le sud de la Syrie, dont les quartiers rebelles sont assiégés par les forces du régime.

"Avec le siège, aucune nourriture et aucun fioul ne peut parvenir jusqu'à nous et cela fait longtemps que l'électricité est coupée", a déploré un militant, Abou Anas, interrogé via internet. "La tempête a rendu les choses encore plus difficiles que d'habitude (...). Le pire étant pour les enfants et les personnes âgées qui supportent moins bien le froid", a-t-il ajouté.

Dans la ville de Jérusalem, perchée sur des collines à 800 mètres d'altitude, la couche de neige atteignait une quarantaine de centimètres et le maire a fait état d'une tempête d'une "rare violence". Après une brève accalmie vendredi midi, les chutes de neige ont repris avec force et devaient continuer jusqu'à samedi.

Les écoles étaient fermées depuis jeudi, et la plupart des routes de la Ville sainte étaient coupées. De nombreuses personnes ont été piégées par le temps et un millier d'automobilistes ont dû être hébergés au Centre de conférence international de Jérusalem, selon la police.

'Ne sortir qu'en cas d'urgence'

Les villes palestiniennes de Ramallah et Bethléem, situées près de Jérusalem, étaient aussi recouvertes de neige.

La bande de Gaza a pour sa part été victime de pluies diluviennes. Des dizaines de familles ont dû être évacuées de leurs maisons inondées dans le nord de ce territoire surpeuplé et déshérité, selon l'agence de l'ONU pour l'aide aux réfugiés palestiniens (Unrwa).

Suite à une demande de l'ONU, l'armée israélienne a ouvert le point de passage de Kerem Shalom pour laisser entrer dans l'enclave palestinienne des conteneurs de gaz pour le chauffage et quatre pompes à eaux destinées aux zones inondées.

Dans le nord d'Israël, à Haïfa, et à Jérusalem, les écoles n'ont pas ouvert en raison de la neige. La plupart des écoles étaient également fermées en Cisjordanie et dans la bande de Gaza, où les rues ont été inondées par des pluies torrentielles.

Le porte-parole de l'Autorité de l'énergie à Gaza, gérée par le gouvernement du Hamas, a annoncé qu'en raison des intempéries des lignes approvisionnant Gaza avaient été coupées, les habitants n'ayant plus que quatre heures de courant par jour au lieu de six. Le Hamas a par ailleurs annulé des rassemblements prévus vendredi dans la bande de Gaza pour marquer l'anniversaire de sa fondation.

En Jordanie, la direction de la sûreté générale a appelé les habitants à ne sortir de chez eux qu'"en cas d'urgence", en signalant que la plupart des rues d'Amman étaient "quasi fermées à cause de la neige". En province, plusieurs grandes routes ont également été fermées à la circulation.

Le gouvernement a appelé les habitants à rester chez eux en raison des chutes importantes de neige. A Zaatari, un camp qui accueille 130 000 réfugiés syriens à 85 km à l'est d'Amman, le froid rend les conditions de vie, déjà extrêmes, encore plus difficiles. "Nous avons toujours besoin de chauffages, il fait trop froid", expliquait Haitham Sayyad, un réfugié, alors que ses enfants se serraient autour de l'unique chauffage électrique d'appoint dans sa caravane.

En Turquie, où il neige abondamment depuis mardi en particulier dans la région frontalière avec la Syrie, un responsable a indiqué à l'AFP que les "mesures nécessaires" avaient été prises pour venir en aide aux 200 000 réfugiés hébergés dans des camps.

En Irak, le premier envoi par avion d'une aide de l'ONU depuis la région autonome du Kurdistan à destination des déplacés syriens dans les région kurdes de Syrie a été une nouvelle fois reporté en raison du mauvais temps.

En Iran, environ 6 600 personnes bloquées par les importantes chutes de neige et les vents violents ont dû être secourues depuis jeudi, selon le chef du Croissant rouge iranien Mahmoud Mozafar, cité vendredi par l'agence Isna.

Des conditions de vie rendues très difficiles, donc, aussi pour les réfugiés; mais une situation météorologique qui a permis de voir parfois des paysages féériques, comme, ci-dessus, à Suweida, en Syrie, dans les ruines de Baalbeck, au Liban.

W. Fayoumi, avec AFP

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