Idleb: le régime syrien veut récupérer la dernière province qui lui résiste

En Syrie, le régime est déterminé à "libérer tout son territoire quels que soient les sacrifices". Les mots ont été prononcés hier par le ministère syrien des affaires étrangères en visite à Moscou. Pour Damas, la libération de la Syrie passe par la reprise de la région d’Idleb dans le nord-ouest du pays, la seule province qui échappe entièrement au régime. 

La dernière bataille d’envergure

Faut-il y voir le lancement de ce qui pourrait être la dernière bataille d’envergure du conflit syrien? En tout cas le régime syrien affiche clairement ces objectifs, puisque reprendre Idlebporterait certainement un coup fatal à la rébellion.

Deux fois la province d'Anvers

Le région d’Idleb, grande comme deux fois la province d’Anvers, est contrôlée par un ensemble de combattants djihadistes proches d’al-Qaïda et des rebelles soutenus par la Turquie. Et le régime s’est engagé dans une démonstration de force.

Depuis plusieurs semaines, les médias syriens rapportent des envois de renforts aux abords de la province. La Russie, alliée indéfectible de Damas, renforce elle, aussi sa présence en mer avec l’arrivée de frégates venues de la Mer noire. Moscou doit d’ailleurs inaugurer à partir de samedi une semaine d’exercices militaires en mer

Les civils en première ligne

Et une fois de plus, dans ce conflit qui a déjà fait près de 350 000 morts depuis 2011, ce sont les civils qui risquent d’être les premières victimes d’une offensive. On estime que quelque 3 millions de civils se trouvent dans la région. Pour plus de la moitié, il s’agit de déplacés syriens qui ont fui les combats ces dernières années.

Et face à ce qui pourrait être une nouvelle catastrophe humanitaire, les mises en garde internationales affluent. Hier l’envoyé spécial de l’ONU, Staffan De Mistura, s’est dit prêt à se rendre, en personne, à Idleb. Le diplomate italien réclame la création d’un couloir humanitaire pour permettre aux civils d’évacuer la région.

Une bataille inévitable?

La Turquie, parrain de plusieurs groupes rebelles dans la région, n’a en tout cas aucun intérêt à ce que l’offensive soit lancée. Car en cas d’assaut, Ankara qui accueille déjà trois millions de syriens, pourrait voir affluer sur son territoire plusieurs dizaines de milliers de civils.

La Turquie s’active donc, en coulisse, pour trouver une solution. Elle peut, pour cela, compter sur la médiation de la Russie. Les chefs d’Etat russe et syrien ont annoncé qu'ils se rencontreront vendredi prochain en marge d’un sommet avec l’Iran.

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