Coronavirus: hôpitaux sous stress en Italie

En Italie, l’épidémie ne ralentit pas, les personnes positives au Covid 19 sont désormais plus de 4000, selon les chiffres de la protection civile dont plus de la moitié sont hospitalisés. Même dans les meilleurs hôpitaux, le système sanitaire est au bord de la rupture.

A l’hôpital universitaire de Padoue, une excellence de la région de Vénétie, le plan d’urgence a été déclenché le 21 février dernier, lors du décès du premier patient atteint du Covid 19 qui venait du foyer de contamination de Vò à quelques kilomètres de Padoue. " Nous sommes sur le pied de guerre depuis dix jours mais cela nous semble des mois " affirme Daniele Donato, le directeur sanitaire de l’hôpital. C’est lui qui est responsable de l’organisation sanitaire de l’hôpital, et de la gestion de la crise du coronavirus. Cet immense hôpital universitaire, véritable usine médicale, est devenu le centre de référence pour la région Vénétie sur le coronavirus. A l’extérieur, des tentes de triage sont installées dans une zone isolée de l’hôpital, sur le parking de la direction générale. C’est ici, que les personnes suspectes attendent pour faire le test du COVID19. Des ambulances apportent aussi les patients prélevés chez eux par comme le veut le protocole sanitaire de l’épidémie. “Le patient qui est suspect doit se rendre obligatoirement dans les tentes. Là, les médecins les accueillent pour effectuer tout ce qu’il faut faire, le test du virus, une prise de sang et la radiographie du thorax pour éviter que ces patients n’entrent en contact avec le reste de l’hôpital”

Manque de médecins

Ce jeudi matin, 38 patients positifs sont hospitalisés dans le service des maladies infectieuses, 11 dans un état critique sont en réanimation et on attend des nouveaux patients transférés des hôpitaux de Trévise et de Venise. La doctoresse Anna Maria Cattelan est la directrice du service des maladies infectieuses, elle reconnaît que les forces commencent à manquer.

“Depuis le premier jour de l’épidémie, tous mes collaborateurs travaillent sans prendre un seul jour de repos, c’est une situation qui peut encore durer deux ou trois semaines mais après nous risquons de crouler aussi bien physiquement que psychologiquement. Nous manquons de médecin et nous ne réussissons pas à en trouver.Le service sanitaire italien paie aussi la réduction des budgets de la santé ces dernières années, les hôpitaux étaient en manque de personnel même bien avant l’épidémie. " Nous craignons vraiment que notre personnel soignant soit testé positif, ou tombe malade au contact des patients testés positifs, car nous ne pouvons pas nous permettre de manquer de personnel sinon l’hôpital devrait fermer ses portes " explique le directeur général de l’hôpital, le Docteur Luciano Flor.

Doubler les lits en réanimation

Déjà à Padoue 33 membres du personnel sont confinés, en Lombardie 10% du personnel soignant est dans le cas et la région pense rappeler des médecins à la retraite pour aider les hôpitaux de Lodi, Codogno et Crémone qui sont à bout de force. A Padoue, un service de réanimation est entièrement dédié aux patients atteints du virus, et tout est prêt si l’épidémie se prolonge explique le Dr. Donato. " S’il le faut, nous sommes prêts à arrêter toutes les activités chirurgicales, pour récupérer des lits en thérapies intensives et le personnel des blocs opératoires. La Vénétie compte cinq cents lits de réanimation mais si la moitié devait être occupée par les malades du virus, le système sanitaire s’effondre." A l’entrée de cet immense hôpital qui compte 1750 lits, et où travaillent six mille personnes, les patients qui viennent pour d’autres raisons se montrent inquiets, la plupart porte un masque. " On sait que nous prenons des risques à venir mais nous avions un rendez vous pour lui et donc je l’ai couvert pour éviter tout problème " explique une mère avec son fils venu pour une visite.

Le gouvernement à annoncer un plan pour doubler le nombre de lits dans les services de thérapies intensives et de maladies infectieuses mais si les patients deviennent trop nombreux, les hôpitaux militaires sont déjà prêts à intervenir.

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