Hongrie: le bilan s'alourdit et le directeur de MAL est interpellé

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La police hongroise a interpellé le directeur général de MAL, la société propriétaire de l'usine à l'origine du grave accident chimique, tandis qu'un huitième corps a été retrouvé.

Alors que l'on vient d'apprendre la découverte d'un huitième corps, le Premier ministre Viktor Orban a indiqué plus tôt que la police avait interpellé un dirigeant de la société "et initié une procédure de mise en détention préventive", au cours d'une session plénière du parlement hongrois lundi à Budapest. Il s'agit de Zoltan Bakonyi, fils de l'un des propriétaires de la société.  "La société responsable pour la catastrophe de boue rouge doit être mise sous contrôle de l'Etat", a ajouté le chef du gouvernement. "Puisqu'il ne s'agit pas d'une catastrophe naturelle, mais de dégâts causés par des personnes, ce n'est pas aux contribuables de subir les coûts, mais à ceux qui ont causé les dommages", a-t-il encore souligné.

Le 4 octobre, la boue rouge toxique issue d'un réservoir fissuré de l'usine de bauxite-aluminium d'Ajka s'était déversée comme un raz-de-marée sur les villages des alentours. Les causes de l'accident, qui a fait aussi environ 150 blessés, restent à élucider. MAL est sur la sellette, soupçonnée d'avoir surchargé ses réservoirs, ce que la société a de nouveau démenti lundi. "Pour l'instant, nous ne savons pas encore si la société avait surchargé les réservoirs ou non, mais si oui, c'est de l'entreposage illégal de déchets et c'est un crime", a déclaré lundi Zoltan Illes, le secrétaire d'Etat à l'environnement.
L'enquête de la police est toujours en cours. Les autorités ont saisi lundi des documents concernant les réservoirs dans les locaux de l'usine d'Ajka, a précisé le secrétaire d'Etat.

De leur côté, les associations écologiques mènent aussi l'enquête. Une photo prise en juin dernier permettrait en effet de démontrer, affirme l'organisation non gouvernementale (ONG) écologiste WWF, que le réservoir fuyait dès cette époque. Des vues aériennes montrent aussi des traces rouges au pied du réservoir, près de la partie qui a cédé en début de semaine. "L'accident aurait pu facilement être évité si les exploitants avaient respecté leurs obligations", a affirmé Andreas Beckmann, le directeur du programme WWF pour la région du Danube.

Huit morts et 150 blessés

Le bilan du grave accident industriel  s'est alourdi à huit morts, le corps de la dernière personne disparue ayant été retrouvé, a annoncé lundi le chef des services de secours Tibor Dobson. "Le corps d'une nouvelle victime a été retrouvé à la périphérie de Devecser, le bilan passe donc à huit décès", a déclaré Tibor Dobson à l'agence de presse nationale MTI. Devecser et Kolontar sont les deux villages les plus durement touchés par la marée de boue rouge toxique qui s'est déversée il y a une semaine après la rupture d'un réservoir de l'usine d'aluminium d'Ajka, à 160 kilomètres à l'ouest de Budapest. L'accident a également fait quelque 150 blessés. 45 personnes sont toujours hospitalisées, dont deux dans un état très grave.



AFP

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