Hongrie: importante manifestation spontanée la nuit dernière à Budapest

Hongrie: manifestation spontanée la nuit dernière
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Hongrie: manifestation spontanée la nuit dernière - © Gabriella Csoszo

Une loi considérée comme dirigée contre l'Université d'Europe centrale (CEU) financée par le milliardaire américain George Soros, a de nouveau fait descendre des milliers de Hongrois dans les rues de Budapest lundi soir.

La loi controversée a été promulguée lundi par le président hongrois Janos Ader, sans passer par la case de la Cour constitutionnelle, comme l'avaient déjà réclamé mercredi et dimanche derniers des dizaines de manifestants.

Lundi soir, des milliers de personnes se sont spontanément rassemblées vers 22h devant le palais présidentiel sur la colline du Château de Buda, indique le site d'info Index.hu.

Manifestation devant la résidence du président hongrois

La foule a grossi vers 23h et a pris la direction de Pest par le Pont aux Chaînes vers les grands boulevards en direction du siège de la radio publique, un des endroits clés de la révolution de 1956.

S'en est suivi un face-à-face tendu avec les forces de l'ordre, selon le site Hulala. La manifestation ne s'est dissoute que vers 2 heures du matin.

Entre 60 000 et 80 000 manifestants, selon des médias hongrois et les organisateurs du rassemblement, avaient déjà défilé dimanche à Budapest en soutien à la CEU, établissement anglophone créé en 1991 dans la capitale hongroise par George Soros, devenu la bête noire du Premier ministre souverainiste Viktor Orban, dont le président Ader est un proche allié.

Une loi sur mesure contre l'université Soros

Beaucoup de contestataires scandaient à l'adresse du chef de l'Etat, réélu pour un deuxième mandat le mois dernier, mais dont les fonctions sont largement protocolaires : "Ne la promulgue pas Janos !" ou arboré des affiches sur lesquelles on pouvait lire "Veto !" sur la nouvelle loi.

La nouvelle législation, votée mardi par le Parlement, prévoit notamment de priver de licence les instituts d'enseignement étrangers qui ne disposent pas de campus dans leur pays d'origine.

Cette disposition vise tout particulièrement l'Université d'Europe centrale fondée peu après la chute du communisme en Europe pour promouvoir "la bonne gouvernance, le développement durable et la transformation sociale".

Viktor Orban, un admirateur du président russe Vladmir Poutine, hostile comme lui à George Soros envers lequel il a multiplié les attaques ces dernières années, a notamment accusé la CEU de "tricher" avec la loi hongroise.

Cette université, qui compte 1800 inscrits en provenance de 100 pays et compte parmi les 50 meilleurs établissements du monde en sciences politiques selon le classement QS World University Rankings, a formellement rejeté ces accusations.

Les menaces pesant sur la CEU ont suscité un vaste mouvement de mobilisation. Plus de 900 universitaires de monde entier, dont 18 prix Nobel, ont signé une pétition exigeant le retrait de cette loi. Le département d'Etat américain, la Commission européenne et plusieurs responsables européens ont exprimé leur préoccupation.

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