Hongrie et Pologne veulent faire annuler la réforme du travail détaché

Hongrie et Pologne veulent faire annuler la réforme du travail détaché
Hongrie et Pologne veulent faire annuler la réforme du travail détaché - © ERIC LALMAND - BELGA

La Hongrie et la Pologne ont annoncé jeudi avoir saisi la justice européenne pour faire annuler la réforme du travail détaché récemment adoptée par les 28 au terme de laborieuses tractations, dans le but d'accorder à ces travailleurs un salaire identique pour un même travail au même endroit.

Le gouvernement hongrois a indiqué dans un communiqué avoir déposé un recours auprès de la Cour de justice de l'Union européenne (CJUE) dans l'espoir qu'elle "invalide" la nouvelle directive approuvée en mai par le parlement européen.

La Pologne a de son côté fait état d'une plainte déposée mercredi auprès de la CJUE contre la réforme de ce système qui permettait à des Européens de travailler dans un pays étranger en cotisant dans leur pays d'origine.

Même rémunération qu'un travailleur local? 

Avec cette réforme, les 28 pays de l'UE se sont entendus pour qu'un détaché reçoive désormais la même rémunération qu'un travailleur local: non seulement le salaire minimum du pays d'accueil (comme c'était le cas dans la première directive de 1996), mais aussi tous les bonus prévus dans ce pays (comme prime de froid, de pénibilité, d'ancienneté, treizième mois, etc.)

Un compromis avait également été trouvé pour fixer la durée maximale du détachement à 12 mois, éventuellement prolongeable de 6 mois.

Cette refonte "introduit des obligations et des restrictions contraires à l'interdiction de discrimination", selon le communiqué des services du Premier ministre hongrois Viktor Orban.

A Varsovie, le vice-ministre des Affaires étrangères, Konrad Szymanski, a critiqué jeudi "le caractère protectionniste" du nouveau texte, en contradiction selon lui avec le principe de libre circulation de la main d'oeuvre et des services.

En octobre 2017, les 28 ministres du Travail de l'UE avaient trouvé une position commune sur la réforme, malgré l'opposition de la Pologne, la Hongrie, la Lituanie et la Lettonie.

La directive initiale, datant de 1996, était critiquée pour engendrer une concurrence déloyale depuis l'élargissement de l'UE aux pays de l'Est.

Avec environ 500.000 ressortissants détachés chaque année dans l'UE, la Pologne est le pays qui a le plus à perdre d'une refonte du système.

Les contentieux entre Budapest, Varsovie et leurs partenaires européens se sont multipliés ces derniers mois à propos de la politique migratoire ou de l'Etat de droit en Hongrie et en Pologne.

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