Hongrie: des milliers de manifestants contre un projet de campus chinois à Budapest

Plusieurs milliers de Hongrois ont manifesté samedi à Budapest contre un projet du gouvernement du Premier ministre Viktor Orban de construire dans la capitale un campus universitaire chinois, un projet révélateur selon ses opposants de la politique pro-chinoise du dirigeant souverainiste qualifié de "cheval de Troie" de Pékin dans l'Union européenne.

Environ 10.000 personnes selon un photographe de l'AFP, ont défilé dans la capitale pour protester contre ce projet de campus de l'université Fudan de Shanghaï dont la construction doit être achevée en 2024.

Aux termes d'un accord signé par la Hongrie et le président de l'université Fudan, ce campus, le premier d'une université chinoise dans un pays européen, se déploiera sur 50 hectares.

Selon des documents internes diffusés par un site internet, la Hongrie a contracté un prêt de 1,3 milliard d'euros auprès de Pékin pour financer les travaux d'un coût total évalué à 1,5 milliard d'euros.

"Pas de Fudan! L'Ouest, pas l'Est!", proclamait une pancarte brandie lors de la manifestation, alors que d'autres accusaient M. Orban et son parti nationaliste Fidesz d'entretenir des relations trop amicales avec Pékin.

Les sondages d'opinion montrent que la majorité des habitants de Budapest s'opposent à la présence de ce campus. Le bourgmestre écologiste de la capitale Gergely Karacsony a appelé M. Orban à ne pas imposer à la ville des projets dont elle ne veut pas.

"Rue du Dalaï Lama"

Mercredi, le bourgmestre avait annoncé que des rues autour du site où le campus devrait être édifié étaient rebaptisées "Rue du Dalaï Lama", "rue des martyrs ouïghour", ou "Liberté de Hong Kong".

Le gouvernement de M. Orban affirme que ce projet permettra à des milliers d'étudiants hongrois et étrangers d'acquérir des qualifications de haut niveau.

La manifestation de samedi "n'a pas de sens car le processus en est toujours à son stade de planification", a déclaré un responsable gouvernemental, Tamas Schanda, soulignant que la décision finale aurait lieu "au cours de la deuxième moitié de 2022".

Le projet Fudan est le dernier révélateur de la politique "d'ouverture à l'Est" de M. Orban. Ses adversaires le qualifient de "cheval de Troie" de la Russie et de la Chine à l'intérieur de l'Union européenne et de l'Otan.

Bien que son pays soit membre de l'Otan et de l'UE, Viktor Orban mène une politique de renforcement des liens économiques et culturels avec la Chine, ce qui lui vaut la réprobation du Département d'Etat américain.

Il a récemment usé de son droit de veto pour bloquer des déclarations critiques de l'UE sur Pékin.

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