Hong Kong: un bracelet électronique pour surveiller les voyageurs en quarantaine

Une deuxième vague de contamination. Voilà ce que craignent aujourd’hui les autorités de Hong Kong. Selon elles, la plupart des cas confirmés des coronavirus au cours des deux dernières semaines ont été "importés" par des personnes venues de l’étranger ou revenues d’un pays étranger et cette flambée inquiète.

"Je crains que tous les efforts de précaution déployés soient vains"

Le problème potentiel ? Que des personnes venues d’Europe, d’Amérique du Nord ou du Moyen-Orient, puissent ramener le virus sur le territoire de manière massive et saper tous les efforts entrepris jusqu’ici. "Dans de nombreux pays, le nombre de cas confirmés peut être considéré comme explosif", a déclaré mardi la cheffe de l’exécutif hongkongais Carrie Lam. "Si nous n’adoptons pas de mesures strictes […] je crains que tous les efforts de précaution déployés au cours des deux derniers mois soient vains", a-t-elle ajouté.

 

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Carrie Lam, derrière le pupitre, lors d’une conférence de presse à Hong Kong le 3 mars 2020. © ISAAC LAWRENCE – AFP

Bracelet électronique et isolement pour ceux qui veulent entrer

Résultat, Hong Kong a décidé mardi de durcir les mesures visant les voyageurs internationaux en imposant notamment 14 jours d’isolement aux personnes entrant sur le territoire à compter de jeudi minuit. Et d’après CNBC, tous les passagers seront soumis à une surveillance médicale qui passera notamment par un bracelet électronique connecté à une application pour smartphone. Le but ? S’assurer que ces passagers restent isolés à domicile. Declan Chan, un styliste et résident de Hong Kong, revenu le 17 mars sur un vol en provenance de Zurich a déclaré à CNBC qu’il avait été surpris quand on lui a annoncé qu’il devait respecter ces nouvelles mesures pour entrer à Hong Kong. "Je m’attendais juste à ce que nous devions remplir un formulaire. Je ne savais pas qu’il y aurait un bracelet", a-t-il déclaré par téléphone à CNBC depuis son domicile de Hong Kong, alors qu’il était en quarantaine. L’homme explique également avoir vu un autre passager qui refusait de porter le bracelet être refoulé.

 

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Un touriste sur la terrasse du célèbre pic Victoria à Hong Kong, le 7 mars 2020. © VIVEK PRAKASH – AFP

A Hong Kong, une épidémie maîtrisée ?

Hong Kong, territoire de 7 millions d’habitants, semble maîtriser de manière importante l’expansion de l’épidémie de coronavirus à l’intérieur de ses frontières. Le territoire n’a d’ailleurs jamais connu une explosion des cas. Comment est-ce possible ? Fort de la mésaventure vécue pendant la crise du SRAS en 2003, les autorités ont pris des mesures de distanciation sociale importantes très rapidement cette fois-ci. Ces mesures ont été comprises et appliquées, même si cela impliquait notamment le télétravail pour des millions de travailleurs dans cette capitale financière mondiale. La généralisation du port du masque de protection est aussi pointée du doigt comme un élément qui a permis de ralentir la propagation de l’épidémie, et cela malgré une interdiction aujourd’hui théorique liée au mouvement de contestation qui a touché Hong Kong ces derniers mois.

 

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Séance d’exercices à Hong Kong, masqué ou non, le 16 mars 2020 © ANTHONY WALLACE – AFP

Un territoire très densément peuplé et "seulement" 181 cas

D’après les derniers chiffres, il y a aujourd’hui 181 cas confirmés sur le territoire de Hong Kong et 4 décès. C’est peu comparativement à d’autres pays, surtout si on tient compte du fait que le territoire de Hong Kong a une frontière terrestre et des liens politiques et économiques très étroits avec la Chine continentale. Hong Kong est aussi un des territoires les plus densément peuplés au monde avec plus de 6350 habitants par kilomètre carré. Le quartier de Mong-Kok, à Kowloon, est d’ailleurs celui qui est réputé pour avoir la densité de population la plus importante au monde : 130.000 habitants par kilomètre carré. Record absolu.

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Des élèves devant une école de Taipei, à Taiwan, le 3 mars 2020. © SAM YEH – AFP

Les mêmes craintes à Taïwan et Singapour

À Taïwan, territoire de plus de 23 millions d’habitants, la crise semble aussi sous contrôle. Il y avait encore récemment moins d’une centaine de cas. Mais selon les autorités, 24 nouveaux cas ont été recensés, tous "importés" par des voyageurs venus de l’étranger, ce qui porte à 100 le nombre de cas aujourd’hui. Singapour pour sa part a confirmé lundi 17 nouvelles infections, dont 11 touchants des personnes venues ou revenues de l’étranger.