Hong Kong : la police s'en prend aux manifestations contre le report des législatives

Près d'une centaine de personnes ont été arrêtées par la police de Hong Kong dimanche à l'occasion de rassemblements contre le report des législatives. Ce scrutin devait se tenir dimanche et permettre de renouveler le Conseil législatif (Legco, le Parlement), l'un des rares qui permet aux Hongkongais de voter. La cheffe de l'exécutif local, Carrie Lam, qui est nommée par Pékin, avait annoncé le 31 juillet le report d'un an de ces élections pour cause de coronavirus, suscitant la colère de l'opposition qui entendait exprimer son opposition au gouvernement.

Des centaines de policiers anti-émeute ont été déployés dimanche dans le quartier de Kowloon afin de contrecarrer les appels à manifester lancés sur internet. Tout au long de l'après-midi, la police a été prise à partie par manifestants qui scandaient "Rendez-moi mon vote" et "Flics corrompus", tandis que les policiers procédaient à de multiples interpellations, à des fouilles et ordonnaient à la foule de se disperser.

Dans un communiqué publié sur Facebook, la police a déclaré qu'au moins 90 personnes ont été arrêtées, la plupart pour participation à un rassemblement non autorisé. Une femme a été placée en détention en vertu de la nouvelle loi sur la sécurité imposée à Hong Kong par Pékin. Elle est accusée d'avoir scandé des slogans en faveur de l'indépendance, a ajouté la police. Des vidéos retransmises en direct ont montré que trois figures de proue du mouvement pro-démocratie -- Leung Kwok-hung, Figo Chan et Raphael Wong, ont été interpellées.

Ces arrestations sont intervenues après l'arrestation dimanche matin d'un militant pro-démocratie par l'unité de police en charge de la sécurité nationale. Tam Tak-chi, un animateur de radio est accusé d'avoir "tenu des propos séditieux". Le police n'a pas précisé la teneur des propos de M. Lam.

Campagne de répression

Pékin a lancé une vaste campagne de répression à l'encontre de la dissidence hongkongais après sept mois consécutifs de manifestations monstres et souvent violentes qui ont secoué le centre financier l'an passé. Les rassemblements ont été pratiquement tous interdits cette année, les autorités invoquant à la fois des problèmes de sécurité et les mesures destinées à lutter contre le coronavirus.

Depuis l'entrée en vigueur fin juin de cette nouvelle loi, au moins 22 personnes, parmi lesquelles le patron de presse Jimmy Lai et la célèbre militante Agnes Chow, ont été arrêtées.

Vendredi, des rapporteurs spéciaux de l'ONU ont averti que cette loi controversée constituait un risque pour les libertés et le droit de manifester dans l'ancienne colonie britannique. Les autorités hongkongaises affirment que cette nouvelle législation n'a pas affecté les libertés d'expression et de réunion garanties en vertu du principe "Un pays, deux systèmes" établi lors de la rétrocession en 1997. Nombre de militants pour la démocratie dénoncent pour leur part un texte liberticide.

 

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