Holocauste: l'Etat hongrois accusé de vouloir minimiser son rôle

Il flotte un parfum de mur de Berlin sur la place de la Liberté. Tous les soirs, après le départ des ouvriers, des dizaines de citoyens démontent les palissades du chantier derrière lequel ont commencé les travaux de fondation du monument. Le lendemain matin, les ouvriers les remontent. Le petit jeu dure depuis une semaine.

Le monument représentera un aigle incarnant l’Allemagne nazie, menaçant un archange, symbole de la Hongrie innocente. Avec cette inscription : "En mémoire de toutes les victimes". Pour Agnes Horvath, professeur à la retraite, le mémorial met sur le même plan l’Holocauste et les souffrances des Hongrois pendant la deuxième guerre mondiale. Et il présente la Hongrie comme une victime alors que l’Etat hongrois a été très actif dans la déportation d’un demi-million de Juifs, s’indigne-t-elle : "Ma mère, qui a été déportée à Auschwitz, n’a jamais rencontré d’Allemands - seulement à Auschwitz. Donc c’étaient les gendarmes hongrois qui ont agi. Et ce mensonge va influencer la jeunesse. C’est une énormité de corrompre la jeunesse!"

L’association des Juifs de Hongrie est scandalisée par ce monument. Elle a décidé de boycotter les commémorations officielles du 70ème anniversaire de l’Holocauste.

A.L. avec Florence La Bruyère à Budapest

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