Holocauste: l'Etat hongrois accusé de vouloir minimiser son rôle

Bougies déposées devant le futur monument à l'Holocauste
Bougies déposées devant le futur monument à l'Holocauste - © Archive ATTILA KISBENEDEK - BELGAIMAGE

En Hongrie, ce mercredi 16 avril est la journée commémorative de l’Holocauste. Il y a des cérémonies officielles et une manifestation qui l'est moins, devant le chantier d’un monument dont l'édification a débuté il y a une semaine. Pour de nombreux historiens et pour la communauté juive de Hongrie, ce monument est vu comme une tentative de blanchir la Hongrie de sa responsabilité dans la Shoah. Et pour le Premier ministre Viktor Orbán, de gagner les faveurs des électeurs d’extrême-droite, avant les élections européennes.

Il flotte un parfum de mur de Berlin sur la place de la Liberté. Tous les soirs, après le départ des ouvriers, des dizaines de citoyens démontent les palissades du chantier derrière lequel ont commencé les travaux de fondation du monument. Le lendemain matin, les ouvriers les remontent. Le petit jeu dure depuis une semaine.

Le monument représentera un aigle incarnant l’Allemagne nazie, menaçant un archange, symbole de la Hongrie innocente. Avec cette inscription : "En mémoire de toutes les victimes". Pour Agnes Horvath, professeur à la retraite, le mémorial met sur le même plan l’Holocauste et les souffrances des Hongrois pendant la deuxième guerre mondiale. Et il présente la Hongrie comme une victime alors que l’Etat hongrois a été très actif dans la déportation d’un demi-million de Juifs, s’indigne-t-elle : "Ma mère, qui a été déportée à Auschwitz, n’a jamais rencontré d’Allemands - seulement à Auschwitz. Donc c’étaient les gendarmes hongrois qui ont agi. Et ce mensonge va influencer la jeunesse. C’est une énormité de corrompre la jeunesse!"

L’association des Juifs de Hongrie est scandalisée par ce monument. Elle a décidé de boycotter les commémorations officielles du 70ème anniversaire de l’Holocauste.

A.L. avec Florence La Bruyère à Budapest

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